Le titre fumeux de l’été 2016 : déjà vu ?

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En 1996, à Bruxelles, une manifestation organisée par nombre de ceux qui ont animé le secteur  » Toxico », des personnalités politiques et médicales en tête, constitue le point d’orgue d’une mobilisation orchestrée par la Liaison Antiprohibitionniste …

Ci-dessous, l’article que Le Soir publie  :

UN APPEL SOUSCRIT PAR 402 PERSONNALITES UNE MANIFESTATION CE SAMEDI DANS LES RUES DE BRUXELLES POUR LEGALISER LE CANNABIS

VANDEMEULEBROUCKE,MARTINE; VAN VAERENBERGH,OLIVIER

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Légaliser et réglementer la production, le commerce et la consommation de drogues pour mieux les contrôler. C’est un objectif auquel ont souscrit 402 personnalités belges, parmi lesquelles des parlementaires, des professeurs d’université, beaucoup de médecins, de juristes et le Prix Nobel de chimie, Ilya Prigogine. La pétition a été remise jeudi à Raymond Langendries par la Coordination radicale antiprohibitionniste (CORA). Qu’en fera le Parlement ? La commission sur la politique des drogues a auditionné les experts et passera bientôt aux discussions proprement dites. Mais Patrick Moriau (PS), indirectement à l’origine de la commission, est sceptique : 

– Les clivages philosophiques et de génération sont importants. Curieusement, ils reproduisent ceux qui s’étaient manifestés lors des débats sur l’avortement. La comparaison n’est pas inopportune. Car la prohibition des drogues, soulignent des signataires de la pétition, posent les mêmes problèmes de santé publique, d’arbitraire des poursuites et, surtout, d’hypocrisie d’une société qui refuse la réalité d’une consommation de fait des drogues. Les signataires de la pétition veulent que l’Etat se donne les moyens de gérer les drogues, sans les effets pervers et liberticides de la prohibition, précise l’avocat G.H. Beauthier. Le sénateur honoraire libéral Pol Boël se réfère même à la loi Vandervelde (aujourd’hui abrogée) sur la vente d’alcool. Comme le faisait Louis Tobback, ardent partisan d’une répression accrue de la toxicomanie. Mais Pol Boël en tire de tout autres conclusions : Grâce à cette loi, la Belgique est un des seuls pays européens à avoir pu éviter l’abus d’alcool sans le rendre illégal. Il est élémentaire de reconnaître que l’usage des drogues douces est désiré par une partie de la société. 

Les signataires de l’appel veulent au moins que s’engage le débat politique sur un tabou culturel. 750 associations en Belgique se sont déjà prononcées pour une dépénalisation des drogues douces. 

Elles participeront à la manifestation nationale prévue ce samedi à Bruxelles pour la légalisation du cannabis, soutenue par divers mouvements associatifs et politiques, ainsi que plusieurs parlementaires. 

Suite à une décision du bourgmestre, le rassemblement, initialement prévu place Rogier, doit avoir lieu dès 14 h 30 au Mont des Arts. La manifestation, initiative de Liaison antiprohibitionniste, sera suivie dans la soirée de diverses festivités. Le Vlaams Blok par contre, a décidé de réunir ses ouailles à 14 h 30 sur la place Royale, pour manifester… contre la légalisation du cannabis. Et ce malgré l’interdiction du bourgmestre. 

M. Vdm et O.V.V.

Et, à relire en marge de son Plan Drogues, le dossier rédigé par la FEDITO Bruxelloise en 2014, pour « Pour une réglementation du Cannabis en Belgique » !

 

 

 » L’Etat doit protéger les plus faibles … »

53-55DxOUn matin de juin 2016, sur le poste national encore un peu public, un des nombreux jeunes professeurs d’une de nos grandes et savantes universités (collègue que je salue au passage ) était interviewé à propos des jeux en lignes et des addictions auxquelles  ceux – ci peuvent conduire; rien de neuf à entendre :  » les sujets ne sont pas égaux devant les drogues et les comportements addictifs, c’est, pour une grande part, génétique ! « 

Et dans la foulée, nous entendons notre cher confrère répondre à l’habile journaliste (  » que doit – on faire pour endiguer ce phénomène plus que naissant ? » ): l’Etat, l’Institution, les Pouvoirs, la Communauté, la Société, doivent absolument protéger « les plus faibles » de ces nouveaux « fléaux »  et se résoudre (donc réduire sans réduire le moindre risque ) à interdire à tous pour éviter, au faible d’esprit, génétiquement programmé (alourdi par cette tare devenue, de surcroît, inévitable), de chuter, malheureux ange aux ailes déplumées, de tomber en grand Icare, de se voir soumis à son moi défaillant, de se laisser prendre au Jeu infernal (mais où étais-Tu lorsque tes enfants étaient faits esclaves et déportés en terre de Pharaon ? … Tiens, tiens, tout se tient !).

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Est-ce bien compris ? Car en quelques minutes d’échange radiophonique, le message doit être court et clair …

Une fois encore, le « Médical » justifie, sans la nommer, la Prohibition, pour protéger le public le plus vulnérable, le sans défense, le faible d’esprit, en interdisant le plaisir du plus grand nombre au prétexte de l’abus minoritaire. Pas de morale, en apparence, rien que de la prévention compassionnelle.

Les jeux en ligne, les plaisirs virtuels, sont dangereux ( pour certains ); il faudrait les limiter, les interdire ( à tous ) afin de minimiser le danger ( est-ce que ça marche, personne ne le sait vraiment mais en tous cas on aura fait quelque chose de visible ! ) et, surtout, en faisant l’économie de l’idéal d’autonomie, en évitant de passer par les cases supposées inutiles des « promotion de la santé (mentale),  solidarité, intelligence originelle, libre choix, libre examen, et autres difficiles libertés » .

Et à cet autre jeu, accepterais-je de ne plus boire de l’alcool, sous quelque forme, au prétexte que 10 % de la population ne pourra pas en consommer avec modération ?

Non, for sure, et c’est avec cette drogue légale,  qui compose l’Eau de Vie et l’Eau de Feu, enfin reconnue comme bien plus dangereuse que toutes les autres réunies, en terme de morbidité et de mortalité, que renaît l’espoir d’un décalage d’avec la prohibition des « plaisirs sous influence »  et qu’ un double tabou ( Le Soir du 2 août 16 : Alcool : un tabou mortel doit tomber ) devrait tomber : l’alcool est la drogue la plus répandue mais seul son abus tue ( le tabou c’est l’abus tu )  et l’addiction qui peut accompagner sa consommation n’est qu’un obstacle important à sa « gestion » éclairée.

Ce n’est ni l’alcool ni l’alcoolique qu’il convient de faire disparaître mais bien les dommages liés à sa consommation, par le développement d’une posture « généraliste »: je décline sauvagement l’essence du nouveau Plan Alcool tant attendu même si déjà compromis, à la belge, et constate que celui-ci comprend, inclut,décline certains principes de la réduction des risques et minimise le principe jadis sacro-saint, du tout à l’abstinence ( sous la pression intéressée, bien entendu, du lobby alcoolier ) .

Abstinence ou réduction ( prévention ) des risques ( dommages ), limitation des dommages ou réduction des risques de dommages ?Devons-nous, pouvons-nous tolérer que les risques soient irréductibles car essentiels à la Vie hasardeuse et nécessaire, du photon au neurone,  » Du Soleil à l’Homme  » ( Henri Laborit ) ?

Nous reparlerons très bientôt … (hein, Cath ?)

Pour en finir avec le facteur génétique de l’addiction à l’alcool ( facteur qui n’est pas le seul à sonner deux fois, qui n’a pas, n’est-ce pas, le monopole de la détermination ) , faudra-t-il montrer, après-demain,  à la caisse du  » Paki », du « Nicolas », ou de toute bonne oenothèque, sa carte d’identité génétique et patte forte et résistante à l’addiction pour pouvoir acheter, en quantité, et grades et qualités désirées, tous ces calices au contenu savamment distillé ou délicieusement fermenté ?

Les gentils assureurs  » tous risques » vont – ils, demain, tarer leurs primes selon la structure plus ou moins « faible » de l’ADN de leurs gentils assurés ?

Pas encore, ouf, mais ce petit interview sur les jeux on line, dangereux demain ( et de vilains ),  et, par extension déclarée, sur les dangers des drogues et autres opiums du peuple,ce petit interview du petit matin de juin,  n’est rien moins qu’un nouvel épisode de cette série célèbre – les prodigieuses victoires de la Psychiatrie Biologique  et Moderne, clin d’oeil à Pierre Dac, ooooh – dont les co-producteurs, parfois bien malgré eux, (mais quelles responsabilités vous avez, merde, shit, faites gaffe !),  se recrutent tantôt dans les disciplines médico-psychologiques, tantôt dans les secteurs judiciaires et répressifs, tous agitateurs d’épouvantails et empêcheurs de dévier des droits ( communs ) chemins.

 

Confrères toubibs et collègues psy, méfiez-vous des journalistes de l’instantané qui, tout en vous donnant du Professeur -Spécialiste, tentent de vous faire dire tout ce qui peut confirmer les dangers et les peurs du genre humain ( sensations et frissons garantis ), et toutes les magies blanches qu’ils supposent que vous pourrez déployer (fééries et super-pouvoirs) pour le sauver  et sans lesquelles, seul et nu, il est à la merci des probabilités les plus terribles.

L’aire du temps

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Il temps de. Avoir le temps de. Mais attention, prends garde à lui,  si tu veux l’avoir, il exigera l’article, ce qui suppose d’être à l’article du temps, bien plus tôt que tard,  rien que parce tu auras voulu le posséder.

Ainsi, le risque sera que toute la vie devant toi, tu auras été à l’article du temps qui passe.

Tu veux l’avoir, tu l’attrapes, tu le possèdes et déjà il passe et il t’a échappé, beau mais fini.

Tu ne l’as plus, ce n’est plus qu’un temps mort, tu l’as tué de trop l’avoir voulu, de l’avoir bien eu, à ce petit jeu, tu tues, il déserte.

Avoir le temps, c’est le vouer à sa perte ! Et la tienne, bien fou ?

Pourquoi, plutôt ou plus tard, ne pas le vouer à un laisser-passer sans limite de validité   ?

Autrement dit, que tu en aies un peu, beaucoup ou pas du tout, que tu en prennes d’avantage et encore,  tu ne pourras jamais arrêter sa course qu’à le tuer.

Alors, si tu peux, le temps, accepte de le laisser passer sans l’avoir, essaie de le vivre sans le serrer de trop près car il est farouche, sauvage, et ne se rendra jamais si tu veux le garder.

Le compte à rebours se poursuit, continu : dans 246 jours, exactement, votre serviteur passe à l' »heur » d’été !!!

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La Mass au balcon, lundi 26 septembre 2016

La rentrée des classes ( en lutte ) ne sera en rien, cette année, identique à tous celles que j’aurai vécues : dans 246 jours, à dater de ce moment même, j’en aurai terminé avec cette discipline hautement sportive que l’on appelle encore, communément, le travail. J’en aurai terminé avec les conventions, les contrats et les conditions de …

Je vous propose de nous retrouver, sur ce blog,  aussi souvent que possible pour partager quelques mots et, s’ils sont porteurs, quelques idées aussi sur nos occupations de tous les jours, sur nos actions, nos succès, nos revers, nos coups droits, tordus et autres lobs de service, sur notre environnement si déterminant, socio-sanitairement, sur nos engagements,  nos réalisations, nos tendances cliniques et autres catégories connexes …