Cannabis : le triple désastre de la prohibition Par Pierre-Yves Geoffard, Professeur à l’Ecole d’Economie de Paris, directeur d’études à l’EHESS

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Dans le Libération
du 16 avril dernier, vous pouviez lire :

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Inepte sur les plans sanitaire, judiciaire et financier, l’interdiction ne repose que sur le seul terrain moral.

 

 

  • Cannabis : le triple désastre de la prohibition

En déclarant de manière fracassante le 11 avril que la prohibition du cannabis ne fonctionne pas, et qu’il faut «situer le débat sur le terrain sanitaire, et pas sur celui de la morale», Jean-Marie Le Guen a en partie raison. En partie seulement, car ce n’est pas seulement en termes de santé publique que la prohibition est un échec. Mais que l’on se rassure : cette bouffée de pragmatisme n’aura pas fait long feu. Dès le lendemain, Najat Vallaud-Belkacem rappelait que «le gouvernement [s’était] exprimé clairement, il n’y a pas de dépénalisation du cannabis en vue» ; si besoin était, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, précisait qu’il n’y avait «pas de réflexion engagée sur cette question». Le message est clair : inutile de réfléchir, la morale suffit à guider l’action publique.

Pourtant le débat se rouvrira. Quand, comment ? Difficile de le dire. Mais il se rouvrira, car la politique actuelle est un triple désastre, sanitaire, judiciaire, et budgétaire.

Désastre sanitaire tout d’abord. S’il s’agit de réduire la consommation, la prohibition de marche pas. En France, malgré la répression de l’usage, 45% des jeunes l’ont déjà testé, contre moins de 30% aux Pays-Bas, où le cannabis est à peu près légalisé de fait. Et comme le rappelait Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpêtrière, ce que montrent les Etats américains qui ont récemment assoupli la législation est que «la consommation n’explose pas et, surtout, les consommateurs prennent des produits plus sains. Là-bas, la majorité du cannabis utilisé l’est sous forme de vaporisation, donc sans fumée nocive pour les poumons, limitant les effets toxiques au cannabis seul».

En faisant peser le même interdit sur tous les produits contenant du THC, le principe actif du cannabis, la prohibition interdit de favoriser les formes les moins dangereuses, encourage la diffusion de produits altérés pouvant contenir des substances encore plus nocives que le cannabis lui-même. Elle ne diminue ni la consommation globale, ni celle des usages excessifs, ni celle des consommateurs les plus vulnérables.

Désastre judiciaire et sécuritaire ensuite. Reflet de la consommation, le nombre d’interpellations pour usage simple du cannabis est en hausse constante et, malgré les circulaires du ministère de l’Intérieur préconisant une application plus souple de la loi, les affaires pour usage illicite de stupéfiants, dont la grande majorité concerne le cannabis, engorgent les tribunaux, et les incarcérations restent nombreuses. D’après un rapport parlementaire de 2014, l’Etat consacre de l’ordre de 850 millions d’euros par an à la lutte contre les stupéfiants, l’effort étant principalement supporté par la police et la gendarmerie (422 millions), les douanes (252 millions), et les services judiciaires (101 millions). Vos impôts financent des milliers d’emplois publics chargés de réprimer les actes d’adultes qui décident librement de consommer un produit qui, s’il est néfaste, ne nuit qu’à eux-mêmes.

Quelle liberté ? diront certains, qui ne voient dans les fumeurs de joint que des personnes dépendantes au cannabis, dont toute volonté est annihilée, incapables d’exercer leur liberté de jugement et de décider par eux-mêmes. Pourtant, si de telles situations existent, elles ne concernent qu’une faible minorité des consommateurs, bien plus faible que pour l’alcool ou le tabac, produits potentiellement bien plus addictifs que le cannabis, comme l’avait souligné le rapport Roques dès 1998. Où est la logique ? Mais il est vrai, n’est-ce pas, que les individus doivent être protégés contre eux-mêmes, et que l’Etat, sa police, sa justice, et ses prisons, sont là pour cela. En témoigne ainsi la récente pénalisation des clients de la prostitution, dont la motivation repose sur l’idée que toutes les personnes vivant de la prostitution n’exercent cette profession que sous la contrainte, au mépris du discours de nombreuses prostituées elles-mêmes.

Désastre budgétaire enfin. L’écart important entre le coût de production et le prix de vente final nourrit des réseaux criminels de distribution. En réglementant, voire en organisant, la production et la distribution du cannabis, la légalisation encadrée permettrait à l’Etat de prélever des taxes, et de rediriger ces sommes considérables vers des dépenses publiques plus légitimes. Le Colorado s’est engagé dans une telle démarche et, dès la deuxième année, les recettes fiscales dépassent celles des taxes sur l’alcool. Rapporté à la France, comme l’estimait un rapport de Terra Nova, les recettes budgétaires seraient de l’ordre de 1,5 milliard d’euros.

Tous ces faits sont connus, et ils sont têtus. Aujourd’hui la vraie question n’est plus de savoir s’il faut ou non légaliser la consommation, la production, et la distribution du cannabis, mais de dire quand, et comment. Au nom de quelle morale devrait-on persévérer dans ce triple désastre sanitaire, sécuritaire, et budgétaire ?

Cette chronique est assurée en alternance par Anne-Laure Delatte, Ioanna Marinescu, Bruno Amable et Pierre-Yves Geoffard.

 

Le, 29 juillet 2014 le New York Times dénoncait les dangers de la prohibition du cannabis

cannaprohibLe grand quotidien américain, le New York Times, venait de prendre position pour une évolution de la législation sur le cannabis. Comparant sa pénalisation à la prohibition et ses conséquences, il titrait clairement «Abroger la prohibition, à nouveau».

Les arguments que retenait ce grand quotidien étaient sans surprises :

–       Les effets de la pénalisation concernent de façon privilégiée une minorité de la population, les jeunes noirs aux US, les jeunes issus de l’immigration en France. Loin de consolider et de défendre le lien social, la pénalisation le distend.

–       Les conséquences sanitaires de l’usage sont réelles, mais loin d’être celles de l’alcool et du tabac. Nous ne pouvons là-aussi qu’applaudir cette affirmation, que nous et d’autres répétons en boucle et en vain depuis bien longtemps.

Cette première publication a été suivi d’une seconde, consacrée à l’injustice des arrestations liées au cannabis. 

La dangerosité du cannabis est une histoire d’âge et de quantité. Plus il est consommé jeune et régulièrement, plus il est dangereux ! La conséquence en serait simple : mettre les moyens budgétaires, de plus en plus réduits, sur ce qui peut dissuader ce type d’usage, plus que sur une prohibition absolue qui ruine l’état (douane, police, justice, prisons…), fait la fortune des trafiquants et échoue lamentablement à instaurer le contrôle qu’elle prétend défendre.

Cela veut dire, concrètement :

–       Aider les familles identifiées comme les plus en difficulté, par des programmes éducatifs qui les accompagnent dans leur lien à l’enfant ; consolider leur rôle et celui des adultes agissant dans ces années où se prépare la personnalité. De tels programmes existent, ils apparaissent et disparaissent dans nos débats avec l’apparition et la disparition d’un ministre de la santé, de la famille, de la jeunesse… Mais ils ne se mettent pas en place. Pas pour l’instant.

–       Prévoir à l’adolescence, moment où inévitablement des expérimentations se feront, des points de contacts entre des adultes informés des dangers des substances (tabac, alcool ou cannabis) sur les adolescents, en terme neurologique (maturation du cerveau), psychologique (construction de la personnalité), sociologique (entrée dans la vie adulte). La mission Consultation Jeune Consommateur, telle qu’elle se relance actuellement, en prend la mesure, mais encore avec bien des hésitations, des craintes, notamment au moment de « lier » dans la future loi de santé le rôle de cette mission, portée par les CSAPA (Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie), et les actions de prévention et d’éducation à la santé !

–       Oser toucher au dogme de l’interdit pénal, pourtant largement mis à mal, pour regarder les expériences qui marchent autrement et en tirer les leçons : garder une interdiction de consommer pour les mineurs ; prévoir la sanction pénale des adultes pour des usages spécifiques et avec circonstances aggravantes ; mieux optimiser les orientations vers le soin ; assumer qu’un usage privé et contrôlé chez un adulte n’est pas différent d’une consommation ponctuelle d’alcool et construire un marché qui ne soit pas identique à celui de l’alcool et du tabac!

Il y aurait bien évidemment matière à débattre, mais pour cela, il faudrait que le débat s’ouvre. La Fédération Addiction reçoit début septembre une délégation venant d’Uruguay ; des colloques ou congrès auront lieu cet automne sur « la guerre à la drogue », la réduction des risques et des dommages ; les évaluations sur les expériences américaines avancent…

Cela aboutira-t-il, dans ce pays où, sur ce sujet comme sur d’autres, s’affrontent les nostalgiques d’un passé dépassé et des réformateurs qui peinent à réformer ?

Cet article est paru sur le Blog : Un Monde 100 drogues, de Pierre Chapard et Jean-Pierre Couteron, à suivre en cliquant sur l’image ci-dessous :

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Opération coup de poing à Molenbeek … Contre des terroristes, mon bon Monsieur ? Non, ma bonne Dame, pour arrêter des sans-papiers connus de la commune et du CPAS en flagrant délit de résistance au retour forcé …

Je reproduis ici un article de Selma Benkhelifa  paru dans le Vif :

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Résultat de l’action Molenbeek tweeté par Theo Francken très fier: 14 illégaux arrêtés, 6 mauritaniens, 2 guinéens, 1 Guinée Bisao, 2 sénégalais, 1 ivoirien, 1 malien, 1 burkinabé. Douze d’entre eux sont emmenés en centre fermé.

On peut légitimement s’interroger sur l’utilité et sur le coût d’un tel déploiement policier pour arrêter douze personnes parfaitement inoffensives à qui rien n’est reproché en dehors du fait d’être sans-papiers. En cette période de grandes déclarations sur l’austérité, le contribuable peut espérer que son argent soit plus utilement dépensé. Une centaine de policiers, des dizaines de véhicules et un hélico pour douze sans-papiers, c’est inédit.

D’autant plus que ces sans-papiers sont bien connus des autorités. Ils occupent cette ancienne seigneurie abandonnée depuis plus de deux ans, ils étaient en contact régulier avec la police de quartier, le CPAS, la commune, etc… Un conseil communal pour discuter de la situation du groupe « La Voie des sans-papiers » a eu lieu ce vendredi.Ce groupe composé de familles avec des enfants manifeste régulièrement et revendiquent des solutions qui permettraient aux parents de travailler.

Pourquoi subitement une réaction fédérale d’une telle brutalité?

Peut-être d’abord pour effrayer les sans-papiers et leur dire que revendiquer des droits peut les conduire tout droit en centre fermé.

Mais la vraie raison est un projet que la NVA couve depuis longtemps.

Déjà fin 2014, Théo Francken avait proposé que les policiers puissent entrer chez les sans-papiers sans mandat. Cette proposition n’était pas passé au Parlement, tout simplement parce qu’elle est anticonstitutionnelle.

Notre Constitution protège le domicile. Sans de bonnes raisons évaluées par un juge d’instruction, aucun agent ne peut pénétrer dans votre domicile, sans votre autorisation expresse. Il existe bien sûr des exceptions en cas d’appel au secours de l’intérieur ou de flagrant délit. Mais la règle est la règle, un agent qui pénètre dans un domicile privé sans autorisation commet lui même un délit punissable.

L’ « action Molenbeek », qui s’est fait en violation flagrante de la Constitution, était un test opinion publique. Jan Jambon annonce quelques jours plus tard, toujours sur tweeter, qu’il veut que les policiers puissent entrer sans mandat, s’ils ont une information selon laquelle il pourrait y avoir un sans-papier chez vous. Se souvenant du revers de 2014, il explique que la présence d’un sans-papier serait en soit un flagrant délit. Un délit de quoi? Un délit d’exister pour le sans-papier? Un délit de solidarité pour le belge qui l’héberge?

Les sans-papiers, comme les SDF, font partie de notre société, ils en sont les membres les plus vulnérables. Chaque fois que le gouvernement veut s’attaquer aux droits fondamentaux, il commence par essayer sur les sans-papiers. Ils sont le laboratoire de leurs atteintes à nos droits.

Mais après eux, chez qui les policiers pourront entrer sans mandat: les chômeurs soupçonnés de cohabiter, les malades de longue durée, vous, moi ?

L’article 15 de la Constitution sur l’inviolabilité du domicile doit s’appliquer à tous. Sinon il ne s’appliquera plus à personne.
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Fois partagé

Dangers, dommages, risques … comparés des drogues : le cannabis en milieu de peloton !

la-potion-magique_asterixSe faire une idée « objective »  des dangers de la consommation d’une drogue comme le cannabis semble essentielle pour conduire une approche intégrée d’une politique qui vise, autant que possible, c’est à dire avec raison et efficacité,  à limiter les dommages liés à un usage devenu presque aussi courant que l’alcool ou que la cigarette.

Les médecins et les psychiatres ne sont pas toujours les mieux placés pour apprécier la dangerosité d’un comportement dans la mesure où ils n’ont à s’occuper que des situations « problématiques », extrêmes, et ce par le bout de la seule lorgnette appartenant à leur spécialité.

Peu d’entre eux pensent en terme de santé publique et en une perspective statistique, encore moins à la lumière de logiques de type circulaire; or, les effets de la consommation d’un produit sur le système humain sont des plus complexes et subtiles car ils dépendent de nombreux facteurs articulés.

Dès lors, comment évaluer les effets du cannabis sur un sujet lorsque l’on sait que sa composition en ses nombreux  « cannabinoïdes » est variable ( cf. tableau n°1 ), que le mode de consommation ( voie orale, fumée ou vaporisation) et la quantité de produit peut fluctuer dans des proportions importantes ( quelques joints « festifs » lors de soirées de WE  à une conso quotidienne de plusieurs joints durant des années durant ), que nos susceptibilités psycho-patho-logiques sont aussi diverses que sont variables les conditions d’existence de chaque consommateur ?


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Tableau 1 d’après le site de l’Union Francophone pour les cannabinoïdes en médecine                                -> http://ufcmed.org

Il n’existe plus aujourd’hui une voix responsable qui ose encore déclarer que la consommation de cannabis ne présente aucun risque, n’expose à aucun danger; après quoi, il est nécessaire de répondre aux questions suivantes : quels dommages peut-on imputer directement à la consommation de telle ou telle forme de cannabis, combien de consommateurs sont-ils concernés par ces dommages, quelle probabilité le consommateur a-t-il de présenter tel ou tel problème,  et enfin,  dans quelles conditions la consommation peut-elle devenir dommageable ?

Pour conduire une politique à la fois efficace et crédible, il faut répondre à toutes ces questions et, une fois les liens entre les consommations et les méfaits établis avec précision et nuance, il reste alors à  déterminer les possibles mesures  pour en diminuer l’occurence et l’ intensité, c’est à dire pour en promouvoir le « bon usage« .

Il n’est pas inutile de répéter, même si cela ne plaît pas à tout le monde, que la réduction des méfaits, en ce compris des méfaits du Cannabis, est une  posture humble, réaliste et responsable qui se situe à l’opposé de l’incitation à la « débauche » de dépenses pour une guerre à la drogue ( = prohibition ), perdue depuis belle lurette,  en terme de prévalence des consommateurs et de dangerosité des produits en circulation libre bien que clandestine car illégale, guerre qui ne soulage, hypocritement de surcroît, que la conscience de ceux qui ne veulent pas admettre la défaite.

C’est, me semble-t-il,  la seule et pragmatique alternative au réflexe quasi reptilien qui consiste à s’écrier  » puisque c’est dangereux, c’est à présent prouvé,  y a qu’à l’interdire ou plutôt confirmer l’interdit  ! « ; c’est le seul choix responsable pour contrer cette « foi radicale » en la  tolérance zéro, laquelle foi est essentiellement conditionnée par la peur, le jugement morale et les illusions sécuritaires.

La comparaison  » de la dangerosité  » des différentes drogues d’usage pour fixer les propriétés en terme de prévention et de soin, pour apprécier la relativité de nos postures éthiques mais encore pour fonder une politique de santé publique responsable …

 

nuttLe Professeur David NUTT s’est fait connaître au Royaume Unis pour ses positions tranchées et tranchantes sur les dangers relatifs des drogues d’usages et sur la légèreté avec laquelle les décideurs de son pays ne les prenaient jamais en compte dans les législations y afférentes. Rappelons – nous cependant qu’au détour des années 80 le Royaume Uni a, bel et bien et honni soit qui mal y pense,  God save the Manhood, Robin, décrété que le « Sida était plus dangeruex que la drogue »; en conséquence de  quoi les pratiques de traitement et/ou de délivrance contrôlée d’opiacés de substitution en ce compris d’héroine médicinal (DAM) ont été promues comme un des moyens de minimiser les risques infectieux liés à l’usage d’opiacés.

De nombreuses pratiques et comportements humains peuvent ( probabilité quand tu nous tiens  ! ) induire des dommages socio-sanitaires; la conduite automobile en est le plus bel exemple; entre beaucoup de nécessité et un peu de plaisir parfois, cette pratique organise, à sa manière, une dépendance que démontre la propension d’aucun à utiliser son véhicule automoteur pour des trajets insignifiants.

Tout le monde est sensé savoir, personne ne peut l’ignorer, que chaque année quelques belles vies s’envolent sur nos routes :  en 2015, on a dénombré 40.303 accidents de la route faisant au total 52.571 victimes, parmi lesquelles 732 personnes ont perdu la vie dans les 30 jours suivant l’accident. Le nombre de tués n’a plus diminué depuis 2013.( selon les statistiques du  SPF Economie –  economie)

En Europe, le décès, chaque année, par surdose ( généralement d’héroïne ), surviendrait à raison de 17 par million d’habitants ( soit 190 pour la Belgique ) et serait en diminution depuis 2009 (selon le rapport 2014 de l’OEDT oedt.

C’est dire si le traitement de cette activité hautement dangereuse, non seulement pour les conducteurs et leurs passagers plus ou moins consentant, mais, encore, en terme de nuisance et de pollution publique (je ne me hasarderais même pas à chiffrer le dommage) est particulièrement complaisant par rapport à celui qui prévaut en matière de drogues.

Si ce ne sont les dommages sécuritaires essentiellement liés au régime de prohibition, il faut rappeler que les dommages liés aux consommations de drogues ne concernent le plus généralement que les usagers eux-mêmes.

Pour en revenir à la dangerosité comparée, David NUTT a établi 9 critères permettant selon lui de classer plus objectivement des méfaits de la consommation d’un produit. Ces critères sont repris dans le tableau ci-dessous :

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Et le verdict est clarissime en ce qui concerne le Cannabis, clair mais sans le moindre angélisme; non la consommation du cannabis n’est pas sans risque; mais elle est moins nocive que bien d’autres puisque la palme revient à l’alcool et que le grand dernier ( à la limite de l’élimination en matière de dangerosité ) concerne les champignons hallucinogènes …

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Pour rappel, le tabac est une drogue qui possède un très gros potentiel addictogène et qui en terme de santé est réputé particulièrement dangereux : les fumeurs de tabac ont 20 plus de chance de développer des cancers  que les non-fumeurs alors que les fumeurs de cannabis ne sont que 2,6 x plus susceptibles de développer des psychoses chroniques, maladies qui se soignent de mieux en mieux et dont le pronostic vital est nettement meilleur que le cancer, juqu’à nouvel ordre, car il se pourrait qu’un jour, retour historique de la manivelle bégayante, l’on déclare à nouveau le délire illégal et l’on enferme les fous avec les délinquants, voire on les brûle en place publique comme les sorciers du temps jadis !!

Alors pourquoi deux poids sanitaires et deux mesures répressives ?

D’autant que la régulation de l’accès au Cannabis devrait réduitre encore les dommages auxquels nous assistons aujourd’hui du fait de l’absence de contrôle sur les qualités des cannabis disponibles ( en particulier en principe psychoticogènes ).

Les drogues sont parfois nocives; laissées entre des « neurones » irresponsables, elles peuvent devenir dangereuses, comme les bolides qui arpentent nos autoroutes pourtant bien balisés et malgré les ABS et autres rails sécuritaires  ! Si  un permis de consomer  des drogues n’est pas vraiment envisageable ( un permis à joints ), la promotion  du Bon Usage est une nécessité première dans le même temps que la responsabilité des décideurs est de mettre en oeuvre des mesures qui fonctionnent ( comme des règlement à l’accès et le contrôle des qualités des cannabis ) plutôt que de laisser les marchés entre les mains de vendeurs sans scrupule sanitaire et, ce qui se passe partout en ces régions atteinte d’ autruchite chronique, de tolérer cette guerrière illusion que produit le fanatisme sécuritaire !

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Si demain je devais (encore) parler des risques (de la consommation) du Cannabis … ( 2.3. effets recherchés )

Plan.jpgAujourd’hui, j’aborderai la « difficile question » des effets recherchés : en effet, il s’agit d’une question rarement posée au consommateur par les thérapeutes et les soignants qui lui préfèrent une exploration des effets secondaires ( afin d’armer leur prévention par la peur ) ou, plus ancienne préoccupation encore, s’obsèdent à proposer le sevrage en vue de déterminer les manques et les malaises que masquaient habilement es cannabinoïdes réunis. Les effets recherchés par les consommateurs ne se superposent pas tout à fait à ceux qui sont répertoriés sur le Grand Réticule ( Web ) sous le mot-clef  » effets positifs  » et qui sont en réalité rien moins que les effets recherchés mais secondairement redéfinis comme voire promus au rang d’alternative à la médecine traditionnelle … cf. STUDY SHOWS SMOKING WEED COULD BE YOUR NEW DIET PLAN   ou encore ce qu’un site de produits « naturels » ( Mr Ginseng ) propose en terme de propriétés médicinales …

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Et pour évoquer ces effets recherchés, dans le même temps que je vous citerai ceux qui sont épinglés par les nombreux experts qui se penchent sur la Canne, je vous ferai part des résultats du petit sondage que j’effectue en ce moment même, en sus de mes activités hautement curatives, auprès de consommateurs problématiques ou non, récréatifs, automédicatifs et/ou explorationnels !

Quels sont les effets recherchés par les consommateurs de Cannabis selon les experts es-Canne ? Voilà ce qu’en dit le site Stop-Cannabis.CH

La plupart des consommateurs expliquent qu’ils consomment pour se relaxer ou pour obtenir du plaisir ou une forme de bien-être. Dans une étude avec des adolescents (16-22 ans), environ 91% estiment qu’ils fument « juste pour être pété » et 73% fument pour « améliorer une activité« , enfin, 70% pour « rendre une activité moins ennuyeuse« . En recherche clinique, on fait l’hypothèse selon laquelle les personnes utilisent et maintiennent leur consommation de cannabis, notamment pour faire face à des émotions négatives (l’anxiété ou la déprime, par exemple) ou des pensées désagréables (des soucis) (Spencer, 2002 []).

Les résultats de cette recherche concordent avec d’autres. De façon général les consommateurs de cannabis recherchent une diminution des émotions négatives telles que l’anxiété (Buckner, 2007 ; Hathaway, 2003, Patton et al., 2002).

Selon une étude belge (Ministry of Public Health of Belgium, 2002 []), les principales  raisons évoquées pour maintenir une consommation régulière de cannabis sont :

  • la détente, la relaxation
  • la sensation de bien-être
  • une meilleure appréciation de la musique, de films, etc.
  • une meilleure sociabilité

L’étude de Boys et al. (2001) [] vise à analyser les raisons de consommer chez 364 jeunes (16-22 ans) consommateurs de différentes substances. Ce tableau montre la proportion de jeunes consommateurs de cannabis qui estiment que la raison invoquée explique bien leur consommation. Par exemple, 96.8% des consommateurs interrogés estiment que le cannabis les aide à se relaxer.

Cette substance a été utilisée pour…

Proportions de consommateurs de cannabis en accord

Vous aide à vous relaxer

96.8%

Juste pour être « stone » (« pété ») ou intoxicated (« intoxiqué »/ « pété »)

90.7%

Améliore une activité comme écouter de la musique, jouer aux cartes ou faire du sport

72.8%

Aide à rendre quelque chose que vous étiez en train de faire moins ennuyeux

70.1%

Vous aide à dormir

69.6%

Vous permet de vous sentir mieux quand vous êtes déprimé

69.0%

Vous aide à apprécier la compagnie de vos amis

66.4%

Aide à faciliter la « descente » (after effects) des autres substances

64.6%

Vous aide à arrêter de vous soucier pour des problèmes

57.7%

Vous aide à vous sentir exalté ou euphorique

46.1%

Améliore l’effet d’autres substances

44.3%

Vous aide à vous sentir plus confiant ou plus apte à parler à des gens dans des situations sociales

36.5%

Vous aide à continuer lors d’une soirée avec des amis

35.9%

Vous aide à perdre vos inhibitions

28.1%

Augmente les sensations quand vous avez des activités sexuelles

27.8%

Vous aide à vous concentrer ou à travailler ou à étudier

20.9%

Vous aide à rester éveillé

7.5%

Voilà ce qu’en disent les consommateurs : le cannabis, comme d’autres drogues, procure du plaisir ( drogue hédonogène ), sous des formes diverses, en fonction de chacun ( chacun y est déiversément sensible, et y trouve diversément son compte ) et /  ou diminue le déplaisir ( drogue nirvanogène ).

Il va sans dire que la santé ( sociale, mentale et somatique  en étroite relation d’avec leurs déterminants divers ), équilibre aussi instable qu’escompté par tout un chacun, oscillant entre tous les heurs, bons et mauvais, reconnaît aisément dans la Canne un régulateur relativement facile à diriger, d’où son succès jusqu’ici indémenti …

 

Si demain je devais (encore) parler des risques (de la consommation) du Cannabis … ( vision générale )

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Eh bien, aujourd’hui, je construirais une présentation-clé dont le titre serait plutôt  » Cannabis et Santé ( Publique )  » et selon le plan suivant :

 

 

 

Plan d’une intervention experte ( en psychiatrie )

  1. Typologie des experts  es « cannabis »  = pourquoi les experts ne semblent pas  être d’accord ? Sur quoi les experts s’accordent – ils ? Sur quoi les experts ne sont pas d’accord ? « Forums citoyens ou Académie des sciences ? »
  2. Comment agit le cannabis et quels sont les dommages que sa consommation peut entraîner ?
    1. Le cannabis est une plante qui contient beaucoup de composants dont nombre d’entre eux sont diversément psychoactifs; le Cannabis d’hier, d’aujourd’hui et de demain …
    2. Modes de consommation plus ou moins problématiques
    3. Effets recherchés (pourquoi tant de belges fument le joint)
    4. Dommages immédiats – fréquence
    5. Dommages d’une conso prolongée – fréquence
  3. Dépendance et sevrage : oui, ça arrive mais, le CannaStop, c’est pas si difficle  …
  4. Dangerosité comparée des drogues d’usage : tous les dangers de toutes les drogues en un tableau …
  5. Dommages liés au régime d’interdit légal : Dommage que c’est illégal !
  6. Pourquoi certains médecins sont contre une « légalisation » ( les experts de la peur des dangers ) ?
  7. Pourquoi certains médecins, dont je suis, sont pour une « règlementation »  ? ( les experts de la gestion des dangers )
Et, j’insisterais, au final, c’est banal, sur l’intérêt d’une règlementation de l’accès au Cannabis en me référant à la publication du GREA (⇐ ⇓ CLIC), à propos des modèles de règlementation du Cannabis …

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