Ce n’est qu’un haut revoir …

Merci à tous ceux qui étaient présents, et aussi à tous ceux qui tout au long de ces années ont fait de ma vie professionnelle le bonheur qu’elle a été …Discours

Ce n’est qu’un haut revoir

StGilles le 13 mai 2017

Mes très chers collègues, mes très chers amis, mes très chers familiers, mes très très, mes mais, mais, qu’est-ce qui dit, qu’est-ce qu’il a, qui le sait, qui c’est, celui-là, complétement …. maboul, dément, dingo, louf, piqué, braque, furieux, sot, brindezingue, cintré, fêlé, jeté, sinoque, tapé grave … ce psy là !

Vous savez tous qu’il n’est guère dans mes habitudes traditionnelles de parler pour ne rien dire, vous le savez, vous tous qui me connaissez depuis la nuit des tant va la crèche des artistes à l’eau de vie qu’à la fin elle justifie les moyens, vous qui savez à quel point de non retour je peux arriver, maintenant, et ici, sans fard et sans accroche-coeur, vous qui savez que : un seul mot vous manque et tout est silencieux.

C’est pourquoi, au départ donc, j’avais convenu avec moi-même, non sans avoir baisé le court et le pontre——au-loin, j’avais décidé de ne pas vous embarraser avec des mots si pleins d’émoticônes, qu’ils vous eussent fait verser la larme hors de l’oeil  de mélancolie aiguë ou bien encore, c’est selon, fait pouffer du côté abscons de la farce, j’avais décidé, non sans m’être fait viol et bridage de pulsion topique, de ne pas m’exprimer ce soir et de laisser dès lors libre cours à la rencontre hasardeuse des unes et des uns en ce  bel espace de liens, au milieu de la piste ou en tout recoin accessible.

Et puis, et puis, et puis …

Et puis, je me suis laissé convaincre par mon ça-même que ce soir, pour en finir, une fois n’est pas posthume, pour en finir avec la cause populaire, le service public, après avoir oeuvré tant et jamais trop à l’adresse de ces publics détricotés, je me suis convaincu que, pour la dernière fois, je vous déclarerais longuement ma flamme amicale et fraternelle, pour la dernière fois devant vous tous réunis, je vous dirais le bonheur que j’ai éprouvé, quelle bonne épreuve, de bosser avec chacun d’entre vous, la passion de projeter en vos compagnies aériennes, l’excitation de combatte à vos côtés les géants aux bras longs, la sécurité de connaître votre soutien hautement moral et, par-delà  tout cela, l’estime pour chacune de vos first quality, night and day, chers collègues, sans parler des vôtres aussi, chers amis, chers familiers.

Pour une dernière fois, je voulais vous voir tous ( ou presque, car certains, inacceptant les séparations, ont préféré ne pas braver les grandes manoeuvres psycho-motrices de cette nuit ), pour une dernière fois, je désirais vous envisager réunis, d’un grand coup de coeur panoramique et embrasser d’une contemplation globale, générale, intégrale, totale, diagonale, horizontale, et transversale, enregistrer d’un long coup d’oeil humide et illuminé, vos présences compactées et condensées et, garder de vous, chers collègues, chers amis, chers familiers, tous les souvenirs de vous et qui résument ma petite carrière de vos marbres rares et nobles !

Quelle chance ai-je eue de vous avoir connus …

A l’entame de la préparation minutieuse de ce qui allait devenir un discours, je pensais vous composer à partir de mes souvenirs et pétrir comme du bon pain avec mes petites mains, une ode merveilleuse qui eût narré à votre assistance ésbaudie, ces faits à tout jamais inscrits, les différentes étapes de cette quête quasi mystique qui fut la mienne et que vous accompagnâtes chacune, chacun à votre tour, cette quête qui débuta à l’Universtité de la liberté examinante, pour se poursuivre, en notre grands hospice public voué à la santé des peuples de Bruxelles, en passant par le Club thérapeutique d’Artaud, non loin de la rue de Lacan ( comme dise les français ), la Petite Maison Médicale dans la forêt et toutes ces autres associations de bienfaiteurs, toutes également dédicadées à l’aide aux sans rien, aux sans papiers, aux sans domicile, toutes affections généralement confondues, sans veines, sens dessus-dessous, sous influences chimiques diverses, en tous leurs états modifiés de conscience et en perte totale, pour beaucoup, de ces liens que nous, au contraire, nous avons eu la chance de pouvoir tricoter sans nous enmêler ni aiguilles ni crochets … Et puis, revirement encore, soyez rassurés, j’abandonai l’idée de vous conter par les détails  cette épopée égocentrée et, à coup sûr, d’une fastidieuse écoute.

Et alors, eh-eh, il m’est advenu un concept qu’il est autrement top, qu’il va vous plaiser énormément tellement, un concept qu’il est porteur en cette occasion qui ne va pas par quatre chemins de traverse, c’est alors que m’est dessus tombée l’idée phosphorescente de m’ adresser publiquement à chacune, à chacun, un à une, dans un ordre nouveau d’apparence aléatoire, et parfaitement analphabétique, pour  sussurrer à chacune de vos oreilles tendues pour la circonstance, un petit mot pensé et éloqué à votre unique intention, rien que pour vous audible, un à une et inversément … c’est d’ailleurs pour cette raison que le stewart vous a demandé, à votre joyeuse entrée, de décliner vos attributs identitaires, oui, oui, c’est pour établir la liste, la liste aux étoiles, la liste blanche, la toute douce liste, la liste de vos réelles présences, la liste des prix, des pris qui croyaient prendre.

Mais quentends-je, qu’acousticais-je :  un hurlement d’ Über-ich révolté se manifeste à l’instant et s’oppose présentement à cette trouvaille pourtant bien sympathique qu’ aussitôt je suis en devoir de refouler, vous savez, cet Über-ich qui après avoir eu tenté de néo-réguler les transports individuels s’est attaqué au grand commerce du food for thought ( UberEats ) pour nous imposer le prêt-à-penser, mais qui, pour une fois laisse entendre le cri du ça au fond du Moi, l’eussiez vous cru, le cri, qui rikiki, me dit :

« Mais dis, Sergghitto, en ce dernier jour public, alors que tu es bientôt rendu nella bella Puglia, ja, ja, si, si, dis donc, petit ver mi-sot mi-sage, arrêtes enfin tes faces et tes scies qui commencent à bien faire, tais-toi enfin, et laisse parler ton coeur, dis leur merci, dis leur au revoir, simplement, comme quelqu’un de simple, avec quelques simples mots de qualité, et non avec ces mots-les-plus-longs, et toutes ces lettres qui chiffrent, dis leur que tu les aimes, ils vont tout de suite comprendre où tu veux en venir, que tu les remercies de t’avoir donné, les pierres, pour te construire, les cisailles pour te tailler le costume que tu portes aujourd’hui, en dehors et en dedans, dis leur à tous, que tu n’oublieras pas tout ce qu’ils t’ont donné, tous les dons vivants qu’ils furent pour toi, et puis, basta, bachta cosi, que le festoiement continue et que les joies vraies coulent à flux tendu sans le moindre seuil pour les arrêter.

C’est pourquoi, je vous le tonitrue sans ambage, vas-y Toni, true !, sans détour de passe – passe, dans ma langue adoptive, du fond de mon coeur de Rome antique, grazie mille a voi, tutti !!!!

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