Si demain je devais (encore) parler des risques (de la consommation) du Cannabis … ( 2.3. effets recherchés )

Plan.jpgAujourd’hui, j’aborderai la « difficile question » des effets recherchés : en effet, il s’agit d’une question rarement posée au consommateur par les thérapeutes et les soignants qui lui préfèrent une exploration des effets secondaires ( afin d’armer leur prévention par la peur ) ou, plus ancienne préoccupation encore, s’obsèdent à proposer le sevrage en vue de déterminer les manques et les malaises que masquaient habilement es cannabinoïdes réunis. Les effets recherchés par les consommateurs ne se superposent pas tout à fait à ceux qui sont répertoriés sur le Grand Réticule ( Web ) sous le mot-clef  » effets positifs  » et qui sont en réalité rien moins que les effets recherchés mais secondairement redéfinis comme voire promus au rang d’alternative à la médecine traditionnelle … cf. STUDY SHOWS SMOKING WEED COULD BE YOUR NEW DIET PLAN   ou encore ce qu’un site de produits « naturels » ( Mr Ginseng ) propose en terme de propriétés médicinales …

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Et pour évoquer ces effets recherchés, dans le même temps que je vous citerai ceux qui sont épinglés par les nombreux experts qui se penchent sur la Canne, je vous ferai part des résultats du petit sondage que j’effectue en ce moment même, en sus de mes activités hautement curatives, auprès de consommateurs problématiques ou non, récréatifs, automédicatifs et/ou explorationnels !

Quels sont les effets recherchés par les consommateurs de Cannabis selon les experts es-Canne ? Voilà ce qu’en dit le site Stop-Cannabis.CH

La plupart des consommateurs expliquent qu’ils consomment pour se relaxer ou pour obtenir du plaisir ou une forme de bien-être. Dans une étude avec des adolescents (16-22 ans), environ 91% estiment qu’ils fument « juste pour être pété » et 73% fument pour « améliorer une activité« , enfin, 70% pour « rendre une activité moins ennuyeuse« . En recherche clinique, on fait l’hypothèse selon laquelle les personnes utilisent et maintiennent leur consommation de cannabis, notamment pour faire face à des émotions négatives (l’anxiété ou la déprime, par exemple) ou des pensées désagréables (des soucis) (Spencer, 2002 []).

Les résultats de cette recherche concordent avec d’autres. De façon général les consommateurs de cannabis recherchent une diminution des émotions négatives telles que l’anxiété (Buckner, 2007 ; Hathaway, 2003, Patton et al., 2002).

Selon une étude belge (Ministry of Public Health of Belgium, 2002 []), les principales  raisons évoquées pour maintenir une consommation régulière de cannabis sont :

  • la détente, la relaxation
  • la sensation de bien-être
  • une meilleure appréciation de la musique, de films, etc.
  • une meilleure sociabilité

L’étude de Boys et al. (2001) [] vise à analyser les raisons de consommer chez 364 jeunes (16-22 ans) consommateurs de différentes substances. Ce tableau montre la proportion de jeunes consommateurs de cannabis qui estiment que la raison invoquée explique bien leur consommation. Par exemple, 96.8% des consommateurs interrogés estiment que le cannabis les aide à se relaxer.

Cette substance a été utilisée pour…

Proportions de consommateurs de cannabis en accord

Vous aide à vous relaxer

96.8%

Juste pour être « stone » (« pété ») ou intoxicated (« intoxiqué »/ « pété »)

90.7%

Améliore une activité comme écouter de la musique, jouer aux cartes ou faire du sport

72.8%

Aide à rendre quelque chose que vous étiez en train de faire moins ennuyeux

70.1%

Vous aide à dormir

69.6%

Vous permet de vous sentir mieux quand vous êtes déprimé

69.0%

Vous aide à apprécier la compagnie de vos amis

66.4%

Aide à faciliter la « descente » (after effects) des autres substances

64.6%

Vous aide à arrêter de vous soucier pour des problèmes

57.7%

Vous aide à vous sentir exalté ou euphorique

46.1%

Améliore l’effet d’autres substances

44.3%

Vous aide à vous sentir plus confiant ou plus apte à parler à des gens dans des situations sociales

36.5%

Vous aide à continuer lors d’une soirée avec des amis

35.9%

Vous aide à perdre vos inhibitions

28.1%

Augmente les sensations quand vous avez des activités sexuelles

27.8%

Vous aide à vous concentrer ou à travailler ou à étudier

20.9%

Vous aide à rester éveillé

7.5%

Voilà ce qu’en disent les consommateurs : le cannabis, comme d’autres drogues, procure du plaisir ( drogue hédonogène ), sous des formes diverses, en fonction de chacun ( chacun y est déiversément sensible, et y trouve diversément son compte ) et /  ou diminue le déplaisir ( drogue nirvanogène ).

Il va sans dire que la santé ( sociale, mentale et somatique  en étroite relation d’avec leurs déterminants divers ), équilibre aussi instable qu’escompté par tout un chacun, oscillant entre tous les heurs, bons et mauvais, reconnaît aisément dans la Canne un régulateur relativement facile à diriger, d’où son succès jusqu’ici indémenti …

 

Par(les)chemins retrouvés …

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Idéal d’autonomie et chronicité : la durée de la cure

 

Ce texte, ci-dessous, a fait l’objet d’un exposé présenté au château du Karreveld le 6 mars 2001 lors d’une conférence organisée par les Antennes du Projet Lama et une publication dans Santé Conjuguée en octobre 2001 – numéro 18

Un soir de septembre, j’honorais publiquement une commande des Antennes du Lama à propos cette question-barquette de la dépendance au travers et à partir des addictions ( en fait, on n’utilisait pas encore ce vocable made in USA, en ces temps reculés ) à ces drogues qui altèrent en sens divers notre, votre, leur appréhension des mondes psychiques et des relations aux objets aimants et aimés +/- identifiés ( OAAI ).

Qu’en direz – vous, de ce jet d’esprit,  de ce « Je » de mots, de ce texto sensu, de cette Ah !!! la lettre ?      Lisez le lien en pointant ce qui suit en bleu ou en « cliquant » sur l’image ideal-dautonomieautonomie

 

 

 

Sur la pointe du coeur de Bruxelles …

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Place du Jeu de Balle ou Vossenplein

Entre Mass de Bruxelles, non loin de la Senne (en)voûtée, jusqu’à l' »hospital » Saint-Pierre ♣ , érigé dans les bâtiments de la léproserie homonyme, je m’arrête un instant sur la rive sud de la place du Jeu de Balle, Vossenplein en flamand ♥ où se côtoient l’ancien et le nouveau, la Clef d’Or et le Chaff, le Pin Pon dans la Caserne et le Bikkenek’ …

♣  Du couvent au 3e millénaire : historique du CHU Saint-Pierre

En 1174, les bâtiments d’une léproserie entouraient une chapelle dédiée à Saint-Pierre. Ce n’est qu’en 1783 que les bâtiments de l’ancienne léproserie reçoivent une affectation véritablement hospitalière. Dans ce premier hôpital Saint-Pierre, le Magistrat de Bruxelles établit un « hôpital succursale » du vieil hôpital Saint-Jean. L’établissement est cédé à l’état autrichien en 1786 et Joseph II y établit un « hôpital général » du modèle de celui qu’il a créé à Vienne. En 1788, il y fait transférer les cours de clinique de la faculté de médecine, antérieurement installée à Louvain et l’hôpital devient ainsi un hôpital « universitaire ».

C’est sous l’Empire, que pour la 2e fois, Saint-Pierre devient un hôpital d’enseignement clinique. S’y ouvrent en 1809 des « cours gratuits de médecine, de chirurgie et de pharmacie » destinés à former, non plus des universitaires, mais de simples officiers de santé. Ces cours, réorganisés en école de médecine à partir de 1824, n’en constitueront pas moins le noyau de la faculté de médecine de l’université de Bruxelles. Revoici donc l’hôpital devenu un établissement d’enseignement de niveau universitaire. L’hôpital, à cette époque, est toujours installé dans les bâtiments du 18e siècle, à peine modifiés. Ils sont devenus totalement insuffisants et vétustes.

L’hôpital universitaire de proximité

Une première reconstruction a donc lieu entre 1849 et 1878. Ce 2e Saint-Pierre compte 777 lits en 1877. Vers 1885, sa réputation, sur le plan de la chirurgie notamment, est prestigieuse. Après Louis-Joseph Seutin, le premier des grands chirurgiens belges, Jules Thiriar et Antoine Depage y opèrent. L’un des premiers en Belgique, il se dote d’une installation de radiographie (1898). Mais les bâtiments du 2e Saint-Pierre, à peine terminés, font l’objet de nombreuses critiques de la part des utilisateurs. La multiplication rapide des services spécialisés et la création des laboratoires (± 1890), les débuts de la recherche clinique, l’augmentation du nombre des étudiants en médecine, tout cela fait souhaiter dès 1900 l’édification à Bruxelles d’un hôpital « moderne » adapté à l’enseignement et à la recherche. La situation de l’hôpital Saint-Pierre en plein coeur d’un quartier peuplé en a fait, dès l’origine, un hôpital où les soins de porte sont extrêmement développés.

L’Université souhaite faire de Saint-Pierre un hôpital « universitaire » que l’administration des Hospices continuerait certes à gérer, mais où elle aurait son mot à dire pour toutes les nominations du personnel médical. Parallèlement à ce projet, cependant, un autre avait vu le jour en mars 1920. Il émanait du Docteur Antoine DEPAGE, lequel avait décidé de créer à Woluwé un hôpital « national » de 600 lits destiné à l’enseignement des spécialités médicales. Un vaste programme de réorganisation de l’enseignement de la médecine à Bruxelles fut élaboré. Il incluait la création de l’hôpital de Woluwé par le Docteur Antoine DEPAGE, et une transformation radicale de l’hôpital Saint-Pierre par le Conseil des Hospices. Il prévoyait la centralisation des instituts universitaires à proximité immédiate de ce dernier hôpital et impliquait une participation financière de la Ville de Bruxelles pour l’acquisition, par expropriation, de vastes terrains autour de lui. Une délégation conduite par le Docteur Antoine DEPAGE fut chargée d’aller présenter le projet aux Etats-Unis, à la Fondation Rockefeller, pour obtenir son concours financier.

Le 1er décembre 1920, la Fondation Rockefeller faisait savoir qu’elle apporterait un concours financier de 40 millions de francs belges à la réalisation du programme mais que tous les efforts devraient se concentrer sur un seul hôpital. Antoine DEPAGE renonça alors à son projet personnel. Le 30 avril 1921, une convention était signée entre toutes les parties concernées. L’hôpital devrait être moderne et adapté à l’enseignement. Il comprendrait 350 lits au moins au début, avec les laboratoires hospitaliers et les bâtiments accessoires nécessaires, consultations, anatomie pathologique, laboratoire de recherches cliniques, ainsi qu’une école d’infirmières placée sous le contrôle de l’Université. Les plans définitifs furent approuvés le 26 novembre 1926 par la Commission d’Assistance Publique. Mais l’on s’avisa alors que le programme de 350 lits initialement prévu et dont les difficultés financières avaient imposé le maintien était notoirement insuffisant. Vu le manque persistant de moyens financiers, une souscription publique fut lancée en 1928 pour financer la construction d’un étage supplémentaire – le 4e – destiné à l’hospitalisation infantile. En 1929, on décida d’un 5e étage, cette fois pour abriter la maternité et des chambres des malades payants. L’hôpital Saint-Pierre compterait finalement, lors de son ouverture le 4 juillet 1935, 545 lits et 65 berceaux.

Novateur dans son architecture

Saint-Pierre était à ses débuts un hôpital « complet », où chaque spécialité était représentée par une consultation et par des lits d’hospitalisation. C’était aussi un hôpital « à l’américaine », nouveauté en Belgique à l’époque, tant au plan de sa conception architecturale que pour ce qui avait trait à son organisation. L’architecte DEWIN eut l’idée d’un hôpital vertical, du type « corridor system », agencé pour faciliter « une communication rapide et une coopération aisée entre les services, les salles, les consultations et l’école de médecine ». Le Docteur J. WYDOOGHE, directeur de l’hôpital, s’était quant à lui initié à la gestion hospitalière à l’américaine. Au plan médical, Saint-Pierre se voulait hôpital « de groupe », favorisant la coopération constante des praticiens des différentes disciplines, où – tradition oblige – le secteur des consultations était très développé, et où l’on trouvait même un petit hôpital d’urgence, embryon de celui que la Commission d’Assistance Publique développera et modernisera en 1963. Pour les médecins, la grande innovation était le temps plein, accordé aux chefs des deux grands services de médecine et de chirurgie. L’hôpital incarnait un idéal de collaboration entre l’Université et « l’administration de la bienfaisance ». De par leur proximité, les laboratoires et les cliniques formaient « une cité où s’entraident la science et l’expérience recueillie au chevet des malades ».
L’hôpital commençait sa carrière porteur de grandes espérances. Certaines des innovations qu’il apportait allaient connaître un large développement ultérieur, les archives médicales, le service médico-social, la comptabilité hospitalière et la diététique médicale, par exemple. Sur deux points essentiels pourtant, le modèle proposé en 1935 fit long feu. Dès 1938 d’une part, tant par manque d’un apport suffisant de patients dans les services de chacun des hôpitaux Brugmann et Saint-Pierre que pour des raisons financières, on décida d’unifier leurs services de spécialités. Le déménagement de la faculté de médecine et des instituts universitaires, d’autre part, allait démanteler la « cité scientifique » de la porte de Hal. Saint-Pierre allait devoir faire, au cours des décennies suivantes, un effort constant d’adaptation au progrès des sciences médicales et des technologies comme au changement des mentalités. C’est en définitive l’inadéquation des bâtiments qui va se révéler cruciale. Ils sont insuffisants face au développement des consultations – manque de salles d’attente et d’examen -, à celui des moyens d’investigations – radio, laboratoires -, à la multiplication des départements, aux activités nouvelles telle la médecine d’urgence, à la nécessité de cloisonner les salles tant pour éviter la contamination intra-hospitalière que pour répondre aux désirs des patients. Il s’ensuivra d’incessants travaux : nouvelle garde (1963), nouveaux laboratoires (1970), nouvelle polyclinique (1985), installation de nouveaux ascenseurs. L’hôpital allait être un perpétuel chantier jusqu’à ce qu’une opportunité s’offrit, enfin, en 1987, de le reconstruire, pour la 3e fois.

Claire DICKSTEIN ( Archiviste Honoraire – CPAS de Bruxelles )

 

♣ ? Et pourquoi ?, me direz-vous, une telle différence d’appellation pour cette place éternellement  » Brusseleire » : et bien c’est simple, pendant que les francophones s’amusent, les flamands entreprennet selon Wiki : Comme son nom l’indique, les édiles communaux la destinaient à la pratique du jeu de balle pelote, fort prisé à Bruxelles au xixe siècle. Son nom néerlandais actuel, « Vossenplein », rappelle qu’elle fut aménagée sur l’emplacement d’une usine de locomotives, « La société du Renard »).

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De vieux textes pour revisiter l’avenir …

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Pour autant que l’on ne laisse pas sa plume dans la cassette, trente ans de psychiatrie sociale, ça vous stimule la fibre discursive de même que la tradition écrite … Aussi, cette page vous proposera, de temps en temps, un texte sorti tout droit de mes grimoires personnels, qu’ils aient été sécrétés par votre serviteur ou, mieux, certainement, que celui-ci l’ait épinglé un jour, il était une fois, et l’ait retrouvé en son nettoyage de printemps …

Au commencement était la crise …

CrisePageJPGProbablement la première contribution publique en solo, en un temps où la crise psychique constituait non pas une catastrphe mais bien une opportunité de catharsis, pour peu que l’on s’efforce d’intervenir dans le redéploiement des habiletés individuelles et/ou familiales. Différents modèles se sont déployés, en cette fin d’années 80, tantôt en hospitalisation tantôt en lisière de celle-ci, dans les services des urgences. Travailler la crise, battre le fer tant qu’il est chaud, souffler sur la braise plutôt que d’éteindre le creuset au risque de figer les métaux précieux dans un amalame informe …      Toutes ces idées qui percolent encore dans les pratiques d’aujourd’hui ! ( du mois, l’espère-je  à la bruxelloise )

 

Un ‘tit clic sur l’image et, départ vers le passé,  apparait l’article au complet …