L’histoire des drogues, comme toutes les bonnes histoires, se répète, bégaie, est redécouverte, revisitée, réinterprétée, mais toujours (re)dévoile le génie de l’homme à les utiliser (aussi) pour rendre la vie moins douloureuse voire plus belle …

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Aujourd’hui plus qu’il y a 5 ans, me semble-t-il, et peut-être le paradigme de la « limitation des dommages » aidant, le corps « thérapeutique » acceuille avec plus d’ouverture les témoignages de plus en plus nombreux, à propos des drogues psychodysleptiques, d’un usage « éclairé » par la communauté des consommateurs,  à des fins de développement personnel et / ou de « soins psychiques ».

MDMA, Ayahuasca et autres Ibogaïne sont de plus en plus expérimentés pour des propriétés ressenties comme « thérapeutiques » de certains états de souffrance chronique.

Sans parler des variétés de cannabis, aux différentes teneurs relatives en tel ou tel composant, qui ont montré le chemin à des firmes strictement commerciales d’un nouveau marché de remèdes « présumé soft » à tous ces maux que l’on classe encore trop souvent, par ignorance étiopathogénique, dans la catégorie des troubles fonctionnnels, et que les médecines traditionnelles négligent ou dont elles nient simplement l’existence.

La psylo n’échappe à ce re-nouveau médicinnal comme en témoigne l’article récemment répercutée dans une e-revue on ne peut plus classiquement sérieuse ( MediPlanet n° 1783 ) et il me souvient ausitôt la fierté avec laquelle un de mes maîtres de stage relatait avec 

Des hallucinogènes contre l’anxiété et la dépression?

La psilocybine pourrait rentrer dans la pharmacopée pour soutenir les patients atteints de cancer avec un syndrome d’anxio-dépression …

psilocybine2La psilocybine est, comme chacun sait, cette substance psychoactive contenue dans bon nombre d’espèces de champignons dont la plus connue est celle des psilocybes. Les effets psychoactifs sont essentiellement dus aux médiateurs sérotoninergiques. L’idée est donc rapidement venue qu’on pourrait les utiliser dans les troubles obsessionnels compulsifs, ce qui a été fait avec un certain succès.

Depuis les recherches se poursuivent et une équipe américaine a mené une petite étude bien conduite en double aveugle chez 29 patients ayant développé un syndrome d’anxio-dépression lié à leur cancer. Les patients ont été randomisés en deux groupes équivalents et ont reçu soit une dose unique de psilocybine à raison de 0,3 mg/kg soit une dose unique de niacine en conjonction avec une psychothérapie dans chacun des deux groupes. L’objectif était de comparer les scores d’anxio-dépression dans les deux groupes à 7 semaines avant le cross-over. A ce moment-là, les patients ont reçu le traitement qu’ils n’avaient pas eu au départ.

Au moment de l’évaluation à 7 semaines, les patients sous psilocybine ont connu une amélioration immédiate et substantielle ainsi que soutenue des symptômes d’anxiété et de dépression. Celui-ci a permis de réduire le désespoir lié à la maladie, d’améliorer le bien-être psychique et d’augmenter la qualité de vie. Après 6,5 mois de suivi, la psilocybine était toujours associée à des effets anxiolytiques et antidépresseurs chez environ 60 à 80% des patients traités. Cela s’est traduit aussi par une amélioration soutenue de la qualité de vie.

En conjonction avec une psychothérapie adaptée, il semble donc bien qu’une dose modérée de psilocybine permette aux patients atteints de cancer de passer de mauvais caps psychologiques…

Rapid and sustained symptom reduction following psilocybin treatment for anxiety and depression in patients with life-threatening cancer: a randomized controlled trial

« PSILOCYBINE, QUAND LA PSYCHIATRIE EXPLORE LA CRÉATION, LES ANNÉES 60 À SAINTE-ANNE »

 Psilocybine, quand la psychiatrie observe la création, les années 60 à Sainte-Anne

Le Centre d’Etude de l’expression organise depuis plusieurs années des expositions thématiques, réunissant des oeuvres de la Collection Sainte-Anne, mais aussi des œuvres d’artistes contemporains et des œuvres de collections particulières.

psylocreatLe thème choisi pour l’exposition qui sera inaugurée à l’occasion des « Journées Européennes du patrimoine » s’inscrit directement dans une triple histoire : l’histoire des années 1960 à l’hôpital Sainte-Anne, l’histoire de l’art contemporain et l’histoire de la recherche sur les processus de pensée et de création.

Cette exposition est fondée sur les travaux et la thèse de René Robert qui rend compte de l’expérimentation en 1960, d’une substance hallucinogène pour des artistes. L’un d’entre eux, Jean-Jacques Lebel a mis ses souvenirs et ses œuvres à notre disposition. C’est ainsi qu’il a été possible de rassembler un ensemble d’œuvres très essentielles liées aux expériences de création sous psychodysleptiques, à savoir la psilocybine.

Ce voyage dans l’histoire de la psychiatrie et dans les arcanes des processus de création n’aurait pas pu se faire sans les documents et les œuvres que Liliane Robert avait soigneusement conservés.

Artistes exposés : Jacques Breton, Jean-Martin Charcot, Philippe Hiquily, Pierre-Xavier Laffite, Jean-Jacques lebel, Sam Mandel, Henri Michaux, Frédéric Pardo, Vida Parme, Daniel Pommereulle, Bernard Saby, Nathalie Waag…

Anne-Marie Dubois

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