Les drogues ne sont pas la ( seule ) cause de l’addiction, on le savait déjà …

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… mais aujourd’hui, on devrait plutôt dire que l’addiction à une drogue est très (très) largement dépendante ( trop drôle, l’addiction est dépendante !! )  du contexte et de l’état affectivo-social de celui qui en consomme ( cet état pouvant être variable dans le temps pour la même personne, mais aussi permanent d’où une vulnérabilité majorée, mais encore amendé par moult méthodes, en ce compris, la prescription de drogues au sens large du terme * )   !!!

La drogue ne deviendrait ainsi véritablement dangereuse que lorsque l’état affectivo-social d’un sujet ne lui permet pas d’affronter ( de dealer avec, de s’adapter à, de surmonter … ) un contexte de souffrance ou de crise psychique sans l’utilisation de la sudite drogue et pour autant que celle-ci diminue de façon sensible cette souffrance ou cette crise, par le biais de ses effets spécifiques …

Regardez-écoutez-lisez cette vidéo et, peut-être, votre façon d’envisager l’addiction en sera-t’elle ( radicalement ) transformée !!

 

* La méthadone que nous substituons aux opiacés remplit admirablement cette fonction « thérapeutique « , puisque, la plupart du temps, elle permet de remplacer chez le sujet addict, une addiction à l’héroïne, responsable de ce craving si puissant, si irrépressible  ( et de son corrollaire, sous l’influence de la belle brune, qui fait dire à son thermostat sous-hypothalamique :  » Tout va bien même quand tout va mal !  » ** ), de remplacer le craving  par une dépendance tout à fait apprivoisée d’un produit contrôlé en terme de qualité et de quantité.

** Jean-Pol Tassin dans une très belle conférence que je vous conseille de regarder ce soir, au coin du feu, un bon verre d’Islay à la main …

L’Etat fédéral Belge « s’oppose » à l’ouverture de Salles de Consommation à Moindres Risques en Wallonie et à Bruxelles !!! *

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Lundi 24 octobre 2016, l’Etat Fédéral Belge a une nouvelle fois montré son incapacité à prendre ses responsabilités pour protéger ses citoyens consommateurs de drogues les plus précarisés au mépris de l’évidence basée sur les nombreuses et concluantes expériences étrangères en matière de mise à disposition de lieux de consommation sécure et socio-sanitaires.

Une fois encore, il a préféré dépenser le temps et l’argent du Belspo ( et donc du contribuable ) pour une nouvelle et inutile étude de faisabilité mais Universitaire, attention les yeux,  alors que les professionnels de la Limitation des Dommages se tiennent prêts depuis des lustres de lumière, à mettre sur pied des dispositifs qui fonctionnent bien, sans nuisance et sans casse, chez à peu près tous leurs voisins.

Après avoir suspendu la prescription d’héroïne à Liège, le Projet TADAM,  lequel avait montré sa pertinence selon une recheche scientifique de l’ULG, on est en droit de se demander quels autres arguments seront invoqués pour retarder, dans un an ou deux, l’excellente synthèse académique que l’on va nous servir sous grand battage académique.

Et ce n’est pas tout ! Pour la deuxième fois, le Plan Alcool  n’a pas été adopté au prétexte que les multinationales alcoolières n’y trouvent pas leur compte !! A l’heure où la résistance au CETA est linchée par les fossoyeurs de l’Etat, les mêmes abdiquent devant le commerce légal de la drogue la plus dangereuse, la plus dure, la plus ravageuse, la bibine bien de chez nous, qui se vend à grand coup de publicité …

Allez comprendre :  comment certains peuvent tolérer, dans leur maison même, que dis-je,  tolérer,  promouvoir, la drogue légale, et lever leur verre en toute occasion et, dans le même temps, interdire aux drogués des moyens certifiés sécures pour ne pas mourir trop tôt du Sida, de l’Hépatite C, de scepticémies, d’overdose, et j’en passe ! Santé-Gezondheid-Gesundeit, s’écrient-ils joyeusement et sans scrupule, en trinquant d’avec les « Beers Majors » … Avec eux, la Santé passe à la trappiste !

Tout le monde s’en fout là-haut, dans le beau et sain monde des prospères et puis boum,  s’agissant de ces malheureux drogués, ces migrants de la Santé, ou pire encore, avec cynisme, certains restent persuadés, depuis longtemps, qu’un bon drogué est un toxicomane repenti-abstinent ou un drogué mort, gisant dans le caniveau, une aiguille rouillée et son piston  frémissant, plantés dans un bras décharné ( image d’Epinal destinée à montrer à nos enfants ce qu’il leur arrivera s’ ils fument leur premier joint interdit).

Le gouvernement fédéral tient le ponpon de la perversité en déclarant que cette modalité de soins, les salles de shoot propre car accompagné, est utile pour cette sous-population (grandissante ) des usagers de drogues, mais qu’il ne soutiendra pas une modification de la Loi qui empêche la mise en place de cette oeuvre utile  ( voir communiqué ci-dessous, si, si, c’est écrit, en Français comme en Flamand ) !!

Le gouvernement ne soutiendra pas une une démarche utile pour les consommateurs précarisés et soutient le commerce de l’alcool; en réalité, le gouvernement ne décide rien d’autre que de servir les intérêts économiques de multinationales puissantes et les thèses quasi religieuses selon lesquelles il n’est pas bon d’être utile à la santé des possédés par le Diable en personne lequel n’a de cesse d’empoisonner , c’est son pauvre et seul job, les âmes pures et malheureusement sensibles avec ses drogues aussi excitantes que maléfiques …

 

 

Conférence interministérielle Santé publique (secrétariat de la réunion thématique drogues)  Par Jan Eyckmans  Publié le 24/10/2016

Sous la présidence de la Ministre De Block, 13 Ministres se sont réunis ce lundi à propos de la politique en matière de drogues et d’alcool dans notre pays.

Différentes priorités ont été discutées, parmi lesquelles la note cadre de sécurité intégrale, la problématique des jeux de hasard, la faisabilité des salles de consommation à moindre risque, l’approche des nouvelles substances psychoactives et la consommation d’alcool dans notre pays.

 Les Ministres ont pris, entre autres, les décisions suivantes:

  • Une vision commune sera développée sur l’approche de la problématique des jeux de hasard dans notre pays ;
  • Les Ministres ont approuvé une note de synthèse sur les salles de consommation à moindre risque. Une telle salle offre la possibilité à des consommateurs précarisés de consommer leurs drogues sur place, en présence de personnel de soins. La loi belge interdit actuellement de telles salles et le gouvernement fédéral ne soutiendra pas une modification de cette loi. Le dossier fera l’objet d’une étude.
  • La mise en place cette année d’une règlementation qui améliore l’approche des marchés illégaux de nouvelles substances psychoactives.
  • La réunion a souligné l’importance d’une approche globale et intégrée de la problématique de l’alcool. Sur base des informations scientifiques, des expériences pratiques et des consultations, plus de trente mesures ont été présentées dans les domaines tels que la prévention, le soin, l’alcool dans la circulation, la politique alcool sur le lieu de travail,… A ce jour, la Conférence Interministérielle n’a pas pu parvenir à un accord définitif sur un ensemble de mesures. Il y aura de nouvelles négociations pour parvenir à un accord à court terme.

 

POUR LIRE LA SUITE DU COMMUNIQUE 

 * L’Université de Gand va conduire une étude pour étudier la faisabilité de créer des SCMR mais seules Bruxelles, Charleroi et Liège ont aujourd’hui exprimé leur intention de les mettre en oeuvre !

Cannabis : quels sont les arguments « d’autorité » qui plaident « contre » la dépénalisation/règlementation de l’accès à des produits de qualité ? Et qu’est-ce qui rend le « pour » désormais incontournable ? (réponses à traits grossiers !!)

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CONTRE :

Des « experts scientifiques » continuent régulièrement à surfer sur la vague sécuritaire ( au sens de la chaîne alimentaire ) pour justifier la prohibition du cannabis et, pour ce faire, ils se contentent (la dopamine n’a pas d’odeur, ils lancent l’alerte et puis, ils laissent les superstitions construire les scénarios catastrophe), ils se contentent de juxtaposer, sans perspective aucune, plat pays qui est le leur, les « preuves » de la dangerosité de sa consommation ( en ommettant d’évoquer que la majorité des consommations ne sont pas problématiques et en négligeant de quantifier les risques – comme si tous les fumeurs d’herbe devenaient, tôt ou tard, psychotiques, cancéreux, stériles, démotivés, et, inéluctablement, polytoxicomanes ).  C’est ce que l’on est en droit de nommer : la déformation de la « vérité » scientifique  » toujours relative » par le « mal absolu », dans toutes les « mémoires suggérées ».

Comme ils ont parfois fumé un ou deux joints, erreur de jeunesse, ils déclarent que le cannabis d’aujourd’hui n’est plus le même que l’herbe douce des années « hippies » en occultant la responsabilité de l’interdit légal dans la « promotion » par les mafias, trafiquants et autres producteurs sans scrupules, de produits bien plus addictogènes et plus psychotoxiques qu’au temps jadis.

Ils participent, qu’ils le veuillent ou non, à la construction d’un idéal d’un monde « sans drogues » en privilégiant les traitements visant l’abstinence ( idéal du risque zéro => prévention de la consommation => cures de sevrage => prévention des rechutes ), curatifs de l’addiction au mépris par omission du paradigme de la Réduction wallonnne Des Méfaits ( RwDM ).

Ils fabriquent, nuls en math, à partir des corrélations, des relations connes de cause-à-effet, sans la moindre circularité, sans la moindre créativité, pour dire que l’escalade symétrique est en vigueur et annonce sans rigueur logique que « qui a fumé l’herbe du bas-côté dépassera bientôt la ligne blanche continue » ! Gare à l’accident frontal, fatal, mortal. Qui a, ce jour, les yeux rouges de verte Marie-Jeanne, aura demain, les veines bleues pleine de brune Hélène …

Science + Moralisme = Scientologie et toutes les sortes d’annonces d’un monde détruit par la drogue, la psychiatrie, la licence, la liberté !

 

POUR :

La prohibition du cannabis débouche pourtant sur des impasses aux conséquences « désastreuses » en matière de Santé Publique et de Justice Sociale.

Impasses qui justifient que d’autres « experts des mêmes sciences pourtant » justifient la fin de ce régime au profit d’une règlementation responsable … ( pour rappel la responsabilité, c’est ce qui vous permet de répondre de vos actes, de vos abstension, de vos programmes, de vos plans, de vos politiques … ).

Car surtout, la prohibition de la drogue verte ne permet pas la moindre promotion d’un bon et sage usage car, une fois le  bon sens interdit et le juste milieu déporté vers l’extrême risque, les plus « vulnérables », et particulièrement les jeunes personnes dont les systèmes neuro-biologiques ne sont ni encore parfaitement synchronisés ni totalement interconnectés, en consommant les fleurs défendues, et ce plus régulièrement que moins, les plus vulnérables prennent le plus de risques car :

  • ils sont ainsi exposés, fausses amies, à leurs vertus apaisantes, ou stimulantes, ou encore les deux, plus dangereuses quand … la santé mentale et  » sociale » laisse à désirer et qui servent momentanément d’imparfaites thérapeutiques aux effets secondaires non négligeables,
  • ils n’ont aucune espèce de contrôle sur le taux de plus en plus élevé de THC en rupture d’avec le naturel équilibre des plantes de confiance, THC dont les vertus « psychodysleptiques » sont à hauteur des risques d’attaques de paniques et glissades psychotiques, pour certains, disposés, très durables,
  • en tant que candidats à toutes les addictions ( jadis on causait de dépendance ),  souvent polytraumatisés psychiquement, objets/sujets de biographies accidentées, abusées, violentées … voire génétiquement chargées, ils  gonfleront le contingent  (10 % du  des consommateurs réguliers du chanvre magique) de ceux qui ne pourront pas longtemps gérer librement leur relation dès lors devenue problématique …
  • ils fréquenteront plus que les autres les  commerces généralistes qui vendent  les drogues en toutes sortes, tous types et toutes espèces,  des drogues plus ou moins « nocives » et les mafieux, gentils ou méchants, qui gagnent leur vies souterraines sur le dos des neurones de leurs chers  clients tout en piétinant sauvagement tous principes sanitaires de base  …  ( théorie de la porte d’entrée ),
  • ils fréquenteront dans un même temps les zones de non-droit qui les exposent à l’insécurité violente  et insécure !
  • enfin, ils subiront eux plus que les autres, en bonne santé économique et sociale, la double peine que constitue leur difficulté bientôt maladive de conduite de leur consommation, souvent en dérapage à peine contrôlé, d’une part, et la traque policière qui les mèneront devant les juges contraints par la loi, en sens inique, de verbaliser  ( quand la loi ne parle plus votre langage, c’est Babel dans tous vos cerveaux ) ceux qui n’ont déjà plus que la tête hors de la vase.

 

Et en effet, la prohibition interdit ce qu’une légalisation / règlementation autoriserait enfin  :

  • le développement et la promotion de modes de consommation moins nocifs ( comme la vaporisation, l’e-joint, etc … ),
  • le contrôle de la qualité des cannabis ( teneur en principes actifs, pureté des produits, information précise sur la composition, traçabilité, etc … ),
  • la promotion d’un bon usage basée sur des études conduites sans a priori (aujourd’hui foisonnement des articles extrémistes – radicaux libre -tantôt saluant les  bienfaits de la feuille dentelée tantôt brandissant les dangers « assassins » de la sournoise et mauvaise herbe).

 

Un français sur deux pour que le cannabis soit chez les buralistes

Jean-Yves Nau publie sur son très bon blog un article particulièrement éloquant …

weedhollandeC’est l’un des résultat d’un sondage IPSOS, réalisé à la demande de SOS addictions, du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et du laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (Liepp) de Sciences Po. Un quart du millier de personnes sondées ont reconnu avoir déjà fumé au moint une dose de cannabis, …….

lire la suite en percutant  le lien

https://jeanyvesnau.com/2016/10/09/drogues-un-francais-sur-deux-est-pour-que-le-cannabis-soit-en-vente-chez-les-buralistes/

 

Cannabis : le triple désastre de la prohibition Par Pierre-Yves Geoffard, Professeur à l’Ecole d’Economie de Paris, directeur d’études à l’EHESS

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Dans le Libération
du 16 avril dernier, vous pouviez lire :

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Inepte sur les plans sanitaire, judiciaire et financier, l’interdiction ne repose que sur le seul terrain moral.

 

 

  • Cannabis : le triple désastre de la prohibition

En déclarant de manière fracassante le 11 avril que la prohibition du cannabis ne fonctionne pas, et qu’il faut «situer le débat sur le terrain sanitaire, et pas sur celui de la morale», Jean-Marie Le Guen a en partie raison. En partie seulement, car ce n’est pas seulement en termes de santé publique que la prohibition est un échec. Mais que l’on se rassure : cette bouffée de pragmatisme n’aura pas fait long feu. Dès le lendemain, Najat Vallaud-Belkacem rappelait que «le gouvernement [s’était] exprimé clairement, il n’y a pas de dépénalisation du cannabis en vue» ; si besoin était, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, précisait qu’il n’y avait «pas de réflexion engagée sur cette question». Le message est clair : inutile de réfléchir, la morale suffit à guider l’action publique.

Pourtant le débat se rouvrira. Quand, comment ? Difficile de le dire. Mais il se rouvrira, car la politique actuelle est un triple désastre, sanitaire, judiciaire, et budgétaire.

Désastre sanitaire tout d’abord. S’il s’agit de réduire la consommation, la prohibition de marche pas. En France, malgré la répression de l’usage, 45% des jeunes l’ont déjà testé, contre moins de 30% aux Pays-Bas, où le cannabis est à peu près légalisé de fait. Et comme le rappelait Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpêtrière, ce que montrent les Etats américains qui ont récemment assoupli la législation est que «la consommation n’explose pas et, surtout, les consommateurs prennent des produits plus sains. Là-bas, la majorité du cannabis utilisé l’est sous forme de vaporisation, donc sans fumée nocive pour les poumons, limitant les effets toxiques au cannabis seul».

En faisant peser le même interdit sur tous les produits contenant du THC, le principe actif du cannabis, la prohibition interdit de favoriser les formes les moins dangereuses, encourage la diffusion de produits altérés pouvant contenir des substances encore plus nocives que le cannabis lui-même. Elle ne diminue ni la consommation globale, ni celle des usages excessifs, ni celle des consommateurs les plus vulnérables.

Désastre judiciaire et sécuritaire ensuite. Reflet de la consommation, le nombre d’interpellations pour usage simple du cannabis est en hausse constante et, malgré les circulaires du ministère de l’Intérieur préconisant une application plus souple de la loi, les affaires pour usage illicite de stupéfiants, dont la grande majorité concerne le cannabis, engorgent les tribunaux, et les incarcérations restent nombreuses. D’après un rapport parlementaire de 2014, l’Etat consacre de l’ordre de 850 millions d’euros par an à la lutte contre les stupéfiants, l’effort étant principalement supporté par la police et la gendarmerie (422 millions), les douanes (252 millions), et les services judiciaires (101 millions). Vos impôts financent des milliers d’emplois publics chargés de réprimer les actes d’adultes qui décident librement de consommer un produit qui, s’il est néfaste, ne nuit qu’à eux-mêmes.

Quelle liberté ? diront certains, qui ne voient dans les fumeurs de joint que des personnes dépendantes au cannabis, dont toute volonté est annihilée, incapables d’exercer leur liberté de jugement et de décider par eux-mêmes. Pourtant, si de telles situations existent, elles ne concernent qu’une faible minorité des consommateurs, bien plus faible que pour l’alcool ou le tabac, produits potentiellement bien plus addictifs que le cannabis, comme l’avait souligné le rapport Roques dès 1998. Où est la logique ? Mais il est vrai, n’est-ce pas, que les individus doivent être protégés contre eux-mêmes, et que l’Etat, sa police, sa justice, et ses prisons, sont là pour cela. En témoigne ainsi la récente pénalisation des clients de la prostitution, dont la motivation repose sur l’idée que toutes les personnes vivant de la prostitution n’exercent cette profession que sous la contrainte, au mépris du discours de nombreuses prostituées elles-mêmes.

Désastre budgétaire enfin. L’écart important entre le coût de production et le prix de vente final nourrit des réseaux criminels de distribution. En réglementant, voire en organisant, la production et la distribution du cannabis, la légalisation encadrée permettrait à l’Etat de prélever des taxes, et de rediriger ces sommes considérables vers des dépenses publiques plus légitimes. Le Colorado s’est engagé dans une telle démarche et, dès la deuxième année, les recettes fiscales dépassent celles des taxes sur l’alcool. Rapporté à la France, comme l’estimait un rapport de Terra Nova, les recettes budgétaires seraient de l’ordre de 1,5 milliard d’euros.

Tous ces faits sont connus, et ils sont têtus. Aujourd’hui la vraie question n’est plus de savoir s’il faut ou non légaliser la consommation, la production, et la distribution du cannabis, mais de dire quand, et comment. Au nom de quelle morale devrait-on persévérer dans ce triple désastre sanitaire, sécuritaire, et budgétaire ?

Cette chronique est assurée en alternance par Anne-Laure Delatte, Ioanna Marinescu, Bruno Amable et Pierre-Yves Geoffard.

 

Le, 29 juillet 2014 le New York Times dénoncait les dangers de la prohibition du cannabis

cannaprohibLe grand quotidien américain, le New York Times, venait de prendre position pour une évolution de la législation sur le cannabis. Comparant sa pénalisation à la prohibition et ses conséquences, il titrait clairement «Abroger la prohibition, à nouveau».

Les arguments que retenait ce grand quotidien étaient sans surprises :

–       Les effets de la pénalisation concernent de façon privilégiée une minorité de la population, les jeunes noirs aux US, les jeunes issus de l’immigration en France. Loin de consolider et de défendre le lien social, la pénalisation le distend.

–       Les conséquences sanitaires de l’usage sont réelles, mais loin d’être celles de l’alcool et du tabac. Nous ne pouvons là-aussi qu’applaudir cette affirmation, que nous et d’autres répétons en boucle et en vain depuis bien longtemps.

Cette première publication a été suivi d’une seconde, consacrée à l’injustice des arrestations liées au cannabis. 

La dangerosité du cannabis est une histoire d’âge et de quantité. Plus il est consommé jeune et régulièrement, plus il est dangereux ! La conséquence en serait simple : mettre les moyens budgétaires, de plus en plus réduits, sur ce qui peut dissuader ce type d’usage, plus que sur une prohibition absolue qui ruine l’état (douane, police, justice, prisons…), fait la fortune des trafiquants et échoue lamentablement à instaurer le contrôle qu’elle prétend défendre.

Cela veut dire, concrètement :

–       Aider les familles identifiées comme les plus en difficulté, par des programmes éducatifs qui les accompagnent dans leur lien à l’enfant ; consolider leur rôle et celui des adultes agissant dans ces années où se prépare la personnalité. De tels programmes existent, ils apparaissent et disparaissent dans nos débats avec l’apparition et la disparition d’un ministre de la santé, de la famille, de la jeunesse… Mais ils ne se mettent pas en place. Pas pour l’instant.

–       Prévoir à l’adolescence, moment où inévitablement des expérimentations se feront, des points de contacts entre des adultes informés des dangers des substances (tabac, alcool ou cannabis) sur les adolescents, en terme neurologique (maturation du cerveau), psychologique (construction de la personnalité), sociologique (entrée dans la vie adulte). La mission Consultation Jeune Consommateur, telle qu’elle se relance actuellement, en prend la mesure, mais encore avec bien des hésitations, des craintes, notamment au moment de « lier » dans la future loi de santé le rôle de cette mission, portée par les CSAPA (Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie), et les actions de prévention et d’éducation à la santé !

–       Oser toucher au dogme de l’interdit pénal, pourtant largement mis à mal, pour regarder les expériences qui marchent autrement et en tirer les leçons : garder une interdiction de consommer pour les mineurs ; prévoir la sanction pénale des adultes pour des usages spécifiques et avec circonstances aggravantes ; mieux optimiser les orientations vers le soin ; assumer qu’un usage privé et contrôlé chez un adulte n’est pas différent d’une consommation ponctuelle d’alcool et construire un marché qui ne soit pas identique à celui de l’alcool et du tabac!

Il y aurait bien évidemment matière à débattre, mais pour cela, il faudrait que le débat s’ouvre. La Fédération Addiction reçoit début septembre une délégation venant d’Uruguay ; des colloques ou congrès auront lieu cet automne sur « la guerre à la drogue », la réduction des risques et des dommages ; les évaluations sur les expériences américaines avancent…

Cela aboutira-t-il, dans ce pays où, sur ce sujet comme sur d’autres, s’affrontent les nostalgiques d’un passé dépassé et des réformateurs qui peinent à réformer ?

Cet article est paru sur le Blog : Un Monde 100 drogues, de Pierre Chapard et Jean-Pierre Couteron, à suivre en cliquant sur l’image ci-dessous :

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