Une projection, laissée en friche depuis presque 10 ans, un parti poétique pris sur un quotidien anthropophage … « M’assoc » ( juin 2007 )

Voici un texte inspiré, il y a à peine 10 ans, par le foisonnement de projets qui étaient les nôtres, ceux de quelques uns des tout proches et intimes amis de lutte pour une cité meilleure mais plus belle aussi, une cité qui laisse moins pour compte, rassembleuse sans être racoleuse, une coulisse saine, une scène qui laisse couler les temps les uns vers les autres, à toute heure, sans heurt, à tout va, va, va …

Un simple texte de « bonnes intentions sans trop en faire » mais qui voit aujourd’hui, sous une forme plus militante, plus engagée, plus en phase avec un monde qui s’est durci, hérissé, « entropé », certains de ses espoirs se concrétiser en la  « Création de dispositifs nouveaux soutenant la prise en charge de publics fragilisés à Bruxelles » via le programme FEDER par l’action conjuguée de Médecins du Monde et de Solidarimmo

( lire absolument le Communiqué de Presse qui suit le lien !!! )

Voici un texte écrit avec ces idées qui venaient doucement perler à l’interface de mes engagements amicaux, professionnels et fraternels, largement inspirée par ces merveilleuses rencontres qui font ce que nous devenons, résolument, qui reste parfois dans les cartons, comme celui-ci, à ces rencontres qui m’ont tant donné, de lumière et de force aux moments les plus douteux … Comprenne qui pourra ce qui expirait alors, qui était en cours, un peu à l’encontre de la tendance du repli naturellement sécuritaire que nous connaissons, et particulièrement en temps de turbulences …

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Une maison de certaines libres associations, M’assoc

Long exposé du large motif

Depuis presque un an, fortement inspiré par la CNC (Cornouille Nerveuse Centrale), un projet se trouve en pré-gestation, tout en attente encore de semences nombreuses et d’origines si possible nombreuses, en une « locution » comme en cent, en voie de light mélange agorique ( du mot agora, scène de l’antique démocratie mais encore nom d’un projet anti-sécuritaire de certains connus ) …

Il s’agirait d’un projet destiné à conjuguer des idées, des volontés, des traditions, des activités quotidiennes et des réalisations exceptionnelles, des désirs et des plaisirs dans un sens collectif.

Un projet grammatical, pictural et culinaire dont les règles à définition continuée ont pour seule vocation de mélanger les mots, les couleurs et les ingrédients des vies.

Un projet de libre marché communal, de discours scrupuleusement orientés sans la moindre correction politique, de musiques travaillées et partagées jusqu’à la leçon, de chères (l’étymologie renvoie au visage – de l’autre, bien sûr, on le levinasse) fraîchement parées et à la portée de chacun pourtant.

Il s’agirait d’un projet d’hommes et de femmes, qui signent leur profonde croyance en la rencontre et dans la réalisation toujours partielle d’un chemin collectif et à d’autres ouvert ; à d’autres et non, car il s’agirait de démagogie, et non aux autres ou à l’autre fût-il grand ( le grand futile  ).

Il s’agiraitt aussi d’une entreprise qui fasse lien entre divers engagements sur d’autres scènes joués, engagement politique, engagement professionnel et, s’il nous plaît d’accepter cette néolocution, engagement intime.

Idée générale

L’idée générale réside dans la création, l’ouverture, la construction, l’érection, d’un espace -réceptacle – creuset – fermentateur ( aujourd’hui on dirait incubateur ), qui occupe dans les nombreux quotidiens autant de prétextes à sa vive et pacifique occupation.

Cet espace accueillerait, dans la mesure du possible, toutes les activités collectives à valeur politiques ajoutées (du genre Pôlis), activités qui tapisseraient les interstices de la vie professionnelle et /ou privée de ses occupants.

La Bellevilloise, la « forteresse culturelle » … 

En effet, entre les périodes de labeur et les investissements du strict intime, certains d’entre nous passons de très nombreux intervalles de temps en des lieux intermédiaires, tantôt pour des moments d’exception que les espaces traditionnels ne peuvent accueillir (réunions, conférences, séminaires, fêtes, ……) tantôt pour rencontrer des connus en un autre espace, autour d’un loisir socialisant (le boire, le manger, l’écouter, le voir, le danser, etc …).

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L’entre-deux (activités) représente, pour certains citoyens que nous sommes, entre travail et maison, entre deux rendez-vous, entre travail et loisir, entre maison et loisir, entre chez moi, chez nous et chez toi, chez vous, l’occasion souvent ratée, faute d’espace « approprié », de déposer corps et esprit en un lieu authentiquement commun :

  • assez attractif mais assez neutre à la fois,
  • un lieu de passage et de station confortable,
  • un espace multidisciplinaire, entre l’utilement pratique (s’alimenter de quelque genre ou bénéficier d’un service) et le gratuitement ludique,
  • une halte – garderie – de – soin – de – soi,
  • en un lieu de rencontre et d’isolement, de recueillement et de glanage,
  • en un lieu de commerce à transaction plus humaine que financière,

Ce projet prétend également fournir à un groupe au moins de citoyens bruxellois, la trame spatio-temporelle d’une « sur – socialisation » volontariste, de même, qu’un espoir d’inclusion, par diverses manières, de ceux qui, démunis de « facteurs de socialisation », se trouvent généralement aliénés dans des « habitats » de la grande marge.

Ce projet serait dès à présent un cadre que les associations libres pensives devraient pouvoir investir et faire leur, par le biais d’un mise en communauté des biens de l’esprit …

S’il n’était qu’un principe : les 10 % du Maasser   ( מעשר  )

Il est écrit dans la Torah « tu prélèveras chaque année, la dîme de toute la récolte qu’aura produit ton champ » (Deutéronome chap.14 v.22). « Par cette mitsvah (bonne action), on obtient l’assurance de s’enrichir, ainsi que l’ont notifié nos sages dans le Talmud : « Prélève le maasser afin de t’enrichir ».  10 % de tes biens, de tes récoltes, de tes gains, seront donnés à la communauté et destinés, soit aux œuvres collectives, soit aux plus pauvres de la communauté afin qu’ils puissent participer pleinement à la vie de la cité, tel est l’esprit du Maasser.

L’application de ce principe à la M’assoc se ferait dans l’esprit de la mutualisation des plaisirs partageables  : les co-animateurs de cette entreprise s’engageraient à « donner » une partie de leur « activités », de leur temps, voire de leur bénéfice, au profit de l’œuvre collective.

C’est à dire qu’ils s’engageraient à remplir le creuset d’une part infime de ses habituels ingrédients pour en faire bénéficier les usagers de la M’assoc.

Par exemple :

Par exemple, tel théâtre, tel club de jazz, tel festivalier, telle cinémathèque, etc … y organiseraient, une ou deux fois l’an, une représentation faisant partie de sa programmation, un spectacle out, la somme de tous ces événement dûment agendés devant permettre l’occurrence d’un nombre important d’évènements en une combinatoire tout à fait imprévue.

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De même, tel artisan ou commerçant de bouche destinerait une partie de sa production « simple mais excellente », à un prix de revient moins onéreux (mais sans auto-concurrence), lesquels seraient mis en vente pour consommation sur place, selon une table d’hôtes « viens-y, j’ai acheté qqchose de bon à boire et manger ».

Les associations seraient au centre de ce « lieu de maasser – ation » ; 10% des réunions de type journée institutionnelles, séminaires internes, conférences externes, et pour celles qui ne disposent pas d’espace suffisant, des lieux de rencontre d’exception (à l’occasion de visites de collègues étrangers, d’assemblées générales, etc …) s’y tiendraient. L’agenda de chacune serait construit en sorte d’occuper de façon optimale et surtout vivante, le réceptacle de tous ces mouvements associatifs forcément en voie de croisement. Il ferait bon sortir de son chez soi institutionnel quelque fois l’an pour venir travailler en extérieur …

Un système de tickets « restaurant, auditoire, librairie, cyberstation, etc … » serait de nature à contracter d’avec l’une ou l’autre association, institution, opérateur, privé ou public, les conditions d’une fréquentation surdéterminée.

Le corps ne serait pas laissé pour compte : sous la forme de cours ou de services, des activités sportives de qualité particulière et d’inspiration multiples pourraient être proposés comme autant d’infra- ou de méta – textes d’intérêts partagés.

Un lieu d’inclusion des moins munis, un lieu d’insertion des plus exclus.

L’espace serait largement ouvert et l’euro ne serait pas, a priori, le mode de sélection de la politèle.

Seuls les choix « programmatiques », les menus, les décors, les odeurs, les rythmes, les couleurs, devraient être susceptibles d’opérer des mouvements d’attraction ou de répulsion.

A cet égard, l’attention serait portée au mixage des mouvements des sous – populations à capter. Les associations joueraient de diverses manières l’ambition de l’inclusion.

La tenue d’activités incluant les usagers des services en ce lieu d’ouverture devrait être de nature à imprimer un premier mouvement.

la-bellevilloise-paris-east-village-breakfastL’inclusion des usagers en voie de réinsertion « professionnelle » dans des postes de travail offerts par l’espace devrait compléter de façon très porteuse l’engagement du projet dans une vocation d’inclusion citoyenne plus profonde.

Par quels M’acteurs ?

Le projet serait mené par un petit groupe de personnes impliquées de cœur et pouvant consacrer au moins un dixième de leur temps de travail réel.

Des professionnels de « l’inclusion sociale », de la restauration artisanale, de la vente, du spectacle et des arts, ainsi qu’un ou deux acteurs publics de la Ville … formeraient le « core »  de ce projet ( où est pasé le « core » ?).

Un secrétariat poétique et une gestion  humanitaire seraient mis sur pied au moment même de la confection pratique du projet ; un subside serait donc demandé et obtenu pour diriger des travaux d’approche et des études de faisabilité.

Dès à présent, la «recherche » d’inspiration sera à l’ordre des jours et des nuits des promoteurs auxquels l’ont souhaite une longue phase d’euphorie maniaque.

Et c’est ainsi que se terminait ce premier jet … il y a presque 10 ans d’ici.

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