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Les drogues ne sont pas la ( seule ) cause de l’addiction, on le savait déjà …
… mais aujourd’hui, on devrait plutôt dire que l’addiction à une drogue est très (très) largement dépendante ( trop drôle, l’addiction est dépendante !! ) du contexte et de l’état affectivo-social de celui qui en consomme ( cet état pouvant être variable dans le temps pour la même personne, mais aussi permanent d’où une vulnérabilité majorée, mais encore amendé par moult méthodes, en ce compris, la prescription de drogues au sens large du terme * ) !!!
La drogue ne deviendrait ainsi véritablement dangereuse que lorsque l’état affectivo-social d’un sujet ne lui permet pas d’affronter ( de dealer avec, de s’adapter à, de surmonter … ) un contexte de souffrance ou de crise psychique sans l’utilisation de la sudite drogue et pour autant que celle-ci diminue de façon sensible cette souffrance ou cette crise, par le biais de ses effets spécifiques …
Regardez-écoutez-lisez cette vidéo et, peut-être, votre façon d’envisager l’addiction en sera-t’elle ( radicalement ) transformée !!
* La méthadone que nous substituons aux opiacés remplit admirablement cette fonction « thérapeutique « , puisque, la plupart du temps, elle permet de remplacer chez le sujet addict, une addiction à l’héroïne, responsable de ce craving si puissant, si irrépressible ( et de son corrollaire, sous l’influence de la belle brune, qui fait dire à son thermostat sous-hypothalamique : » Tout va bien même quand tout va mal ! » ** ), de remplacer le craving par une dépendance tout à fait apprivoisée d’un produit contrôlé en terme de qualité et de quantité.
** Jean-Pol Tassin dans une très belle conférence que je vous conseille de regarder ce soir, au coin du feu, un bon verre d’Islay à la main …
L’Etat fédéral Belge « s’oppose » à l’ouverture de Salles de Consommation à Moindres Risques en Wallonie et à Bruxelles !!! *


Lundi 24 octobre 2016, l’Etat Fédéral Belge a une nouvelle fois montré son incapacité à prendre ses responsabilités pour protéger ses citoyens consommateurs de drogues les plus précarisés au mépris de l’évidence basée sur les nombreuses et concluantes expériences étrangères en matière de mise à disposition de lieux de consommation sécure et socio-sanitaires.
Une fois encore, il a préféré dépenser le temps et l’argent du Belspo ( et donc du contribuable ) pour une nouvelle et inutile étude de faisabilité mais Universitaire, attention les yeux, alors que les professionnels de la Limitation des Dommages se tiennent prêts depuis des lustres de lumière, à mettre sur pied des dispositifs qui fonctionnent bien, sans nuisance et sans casse, chez à peu près tous leurs voisins.
Après avoir suspendu la prescription d’héroïne à Liège, le Projet TADAM, lequel avait montré sa pertinence selon une recheche scientifique de l’ULG, on est en droit de se demander quels autres arguments seront invoqués pour retarder, dans un an ou deux, l’excellente synthèse académique que l’on va nous servir sous grand battage académique.
Et ce n’est pas tout ! Pour la deuxième fois, le Plan Alcool n’a pas été adopté au prétexte que les multinationales alcoolières n’y trouvent pas leur compte !! A l’heure où la résistance au CETA est linchée par les fossoyeurs de l’Etat, les mêmes abdiquent devant le commerce légal de la drogue la plus dangereuse, la plus dure, la plus ravageuse, la bibine bien de chez nous, qui se vend à grand coup de publicité …
Allez comprendre : comment certains peuvent tolérer, dans leur maison même, que dis-je, tolérer, promouvoir, la drogue légale, et lever leur verre en toute occasion et, dans le même temps, interdire aux drogués des moyens certifiés sécures pour ne pas mourir trop tôt du Sida, de l’Hépatite C, de scepticémies, d’overdose, et j’en passe ! Santé-Gezondheid-Gesundeit, s’écrient-ils joyeusement et sans scrupule, en trinquant d’avec les « Beers Majors » … Avec eux, la Santé passe à la trappiste !
Tout le monde s’en fout là-haut, dans le beau et sain monde des prospères et puis boum, s’agissant de ces malheureux drogués, ces migrants de la Santé, ou pire encore, avec cynisme, certains restent persuadés, depuis longtemps, qu’un bon drogué est un toxicomane repenti-abstinent ou un drogué mort, gisant dans le caniveau, une aiguille rouillée et son piston frémissant, plantés dans un bras décharné ( image d’Epinal destinée à montrer à nos enfants ce qu’il leur arrivera s’ ils fument leur premier joint interdit).
Le gouvernement fédéral tient le ponpon de la perversité en déclarant que cette modalité de soins, les salles de shoot propre car accompagné, est utile pour cette sous-population (grandissante ) des usagers de drogues, mais qu’il ne soutiendra pas une modification de la Loi qui empêche la mise en place de cette oeuvre utile ( voir communiqué ci-dessous, si, si, c’est écrit, en Français comme en Flamand ) !!
Le gouvernement ne soutiendra pas une une démarche utile pour les consommateurs précarisés et soutient le commerce de l’alcool; en réalité, le gouvernement ne décide rien d’autre que de servir les intérêts économiques de multinationales puissantes et les thèses quasi religieuses selon lesquelles il n’est pas bon d’être utile à la santé des possédés par le Diable en personne lequel n’a de cesse d’empoisonner , c’est son pauvre et seul job, les âmes pures et malheureusement sensibles avec ses drogues aussi excitantes que maléfiques …
Sous la présidence de la Ministre De Block, 13 Ministres se sont réunis ce lundi à propos de la politique en matière de drogues et d’alcool dans notre pays.
Différentes priorités ont été discutées, parmi lesquelles la note cadre de sécurité intégrale, la problématique des jeux de hasard, la faisabilité des salles de consommation à moindre risque, l’approche des nouvelles substances psychoactives et la consommation d’alcool dans notre pays.
Les Ministres ont pris, entre autres, les décisions suivantes:
- Une vision commune sera développée sur l’approche de la problématique des jeux de hasard dans notre pays ;
- Les Ministres ont approuvé une note de synthèse sur les salles de consommation à moindre risque. Une telle salle offre la possibilité à des consommateurs précarisés de consommer leurs drogues sur place, en présence de personnel de soins. La loi belge interdit actuellement de telles salles et le gouvernement fédéral ne soutiendra pas une modification de cette loi. Le dossier fera l’objet d’une étude.
- La mise en place cette année d’une règlementation qui améliore l’approche des marchés illégaux de nouvelles substances psychoactives.
- La réunion a souligné l’importance d’une approche globale et intégrée de la problématique de l’alcool. Sur base des informations scientifiques, des expériences pratiques et des consultations, plus de trente mesures ont été présentées dans les domaines tels que la prévention, le soin, l’alcool dans la circulation, la politique alcool sur le lieu de travail,… A ce jour, la Conférence Interministérielle n’a pas pu parvenir à un accord définitif sur un ensemble de mesures. Il y aura de nouvelles négociations pour parvenir à un accord à court terme.
POUR LIRE LA SUITE DU COMMUNIQUE
* L’Université de Gand va conduire une étude pour étudier la faisabilité de créer des SCMR mais seules Bruxelles, Charleroi et Liège ont aujourd’hui exprimé leur intention de les mettre en oeuvre !
Cannabis : quels sont les arguments « d’autorité » qui plaident « contre » la dépénalisation/règlementation de l’accès à des produits de qualité ? Et qu’est-ce qui rend le « pour » désormais incontournable ? (réponses à traits grossiers !!)
CONTRE :
Des « experts scientifiques » continuent régulièrement à surfer sur la vague sécuritaire ( au sens de la chaîne alimentaire ) pour justifier la prohibition du cannabis et, pour ce faire, ils se contentent (la dopamine n’a pas d’odeur, ils lancent l’alerte et puis, ils laissent les superstitions construire les scénarios catastrophe), ils se contentent de juxtaposer, sans perspective aucune, plat pays qui est le leur, les « preuves » de la dangerosité de sa consommation ( en ommettant d’évoquer que la majorité des consommations ne sont pas problématiques et en négligeant de quantifier les risques – comme si tous les fumeurs d’herbe devenaient, tôt ou tard, psychotiques, cancéreux, stériles, démotivés, et, inéluctablement, polytoxicomanes ). C’est ce que l’on est en droit de nommer : la déformation de la « vérité » scientifique » toujours relative » par le « mal absolu », dans toutes les « mémoires suggérées ».
Comme ils ont parfois fumé un ou deux joints, erreur de jeunesse, ils déclarent que le cannabis d’aujourd’hui n’est plus le même que l’herbe douce des années « hippies » en occultant la responsabilité de l’interdit légal dans la « promotion » par les mafias, trafiquants et autres producteurs sans scrupules, de produits bien plus addictogènes et plus psychotoxiques qu’au temps jadis.
Ils participent, qu’ils le veuillent ou non, à la construction d’un idéal d’un monde « sans drogues » en privilégiant les traitements visant l’abstinence ( idéal du risque zéro => prévention de la consommation => cures de sevrage => prévention des rechutes ), curatifs de l’addiction au mépris par omission du paradigme de la Réduction wallonnne Des Méfaits ( RwDM ).
Ils fabriquent, nuls en math, à partir des corrélations, des relations connes de cause-à-effet, sans la moindre circularité, sans la moindre créativité, pour dire que l’escalade symétrique est en vigueur et annonce sans rigueur logique que « qui a fumé l’herbe du bas-côté dépassera bientôt la ligne blanche continue » ! Gare à l’accident frontal, fatal, mortal. Qui a, ce jour, les yeux rouges de verte Marie-Jeanne, aura demain, les veines bleues pleine de brune Hélène …
Science + Moralisme = Scientologie et toutes les sortes d’annonces d’un monde détruit par la drogue, la psychiatrie, la licence, la liberté !
POUR :
La prohibition du cannabis débouche pourtant sur des impasses aux conséquences « désastreuses » en matière de Santé Publique et de Justice Sociale.
Impasses qui justifient que d’autres « experts des mêmes sciences pourtant » justifient la fin de ce régime au profit d’une règlementation responsable … ( pour rappel la responsabilité, c’est ce qui vous permet de répondre de vos actes, de vos abstension, de vos programmes, de vos plans, de vos politiques … ).
Car surtout, la prohibition de la drogue verte ne permet pas la moindre promotion d’un bon et sage usage car, une fois le bon sens interdit et le juste milieu déporté vers l’extrême risque, les plus « vulnérables », et particulièrement les jeunes personnes dont les systèmes neuro-biologiques ne sont ni encore parfaitement synchronisés ni totalement interconnectés, en consommant les fleurs défendues, et ce plus régulièrement que moins, les plus vulnérables prennent le plus de risques car :
- ils sont ainsi exposés, fausses amies, à leurs vertus apaisantes, ou stimulantes, ou encore les deux, plus dangereuses quand … la santé mentale et » sociale » laisse à désirer et qui servent momentanément d’imparfaites thérapeutiques aux effets secondaires non négligeables,
- ils n’ont aucune espèce de contrôle sur le taux de plus en plus élevé de THC en rupture d’avec le naturel équilibre des plantes de confiance, THC dont les vertus « psychodysleptiques » sont à hauteur des risques d’attaques de paniques et glissades psychotiques, pour certains, disposés, très durables,
- en tant que candidats à toutes les addictions ( jadis on causait de dépendance ), souvent polytraumatisés psychiquement, objets/sujets de biographies accidentées, abusées, violentées … voire génétiquement chargées, ils gonfleront le contingent (10 % du des consommateurs réguliers du chanvre magique) de ceux qui ne pourront pas longtemps gérer librement leur relation dès lors devenue problématique …
- ils fréquenteront plus que les autres les commerces généralistes qui vendent les drogues en toutes sortes, tous types et toutes espèces, des drogues plus ou moins « nocives » et les mafieux, gentils ou méchants, qui gagnent leur vies souterraines sur le dos des neurones de leurs chers clients tout en piétinant sauvagement tous principes sanitaires de base … ( théorie de la porte d’entrée ),
- ils fréquenteront dans un même temps les zones de non-droit qui les exposent à l’insécurité violente et insécure !
- enfin, ils subiront eux plus que les autres, en bonne santé économique et sociale, la double peine que constitue leur difficulté bientôt maladive de conduite de leur consommation, souvent en dérapage à peine contrôlé, d’une part, et la traque policière qui les mèneront devant les juges contraints par la loi, en sens inique, de verbaliser ( quand la loi ne parle plus votre langage, c’est Babel dans tous vos cerveaux ) ceux qui n’ont déjà plus que la tête hors de la vase.
Et en effet, la prohibition interdit ce qu’une légalisation / règlementation autoriserait enfin :
- le développement et la promotion de modes de consommation moins nocifs ( comme la vaporisation, l’e-joint, etc … ),
- le contrôle de la qualité des cannabis ( teneur en principes actifs, pureté des produits, information précise sur la composition, traçabilité, etc … ),
- la promotion d’un bon usage basée sur des études conduites sans a priori (aujourd’hui foisonnement des articles extrémistes – radicaux libre -tantôt saluant les bienfaits de la feuille dentelée tantôt brandissant les dangers « assassins » de la sournoise et mauvaise herbe).
Le 16 octobre prochain, sort le tout dernier « digital Album » de Zomb.

Dès à présent,vous pouvez découvrir No More Radio, sur son BANDCAMP, un morceau profondément enfiché dans les espaces tubulaires de nos terres intérieures, en même temps cristallin, lumineux et d’une lugubre pesanteur …
Suivez le, suivez le mouvement et soyez là pour la complete release … on sunday october 16th
Cannabis : le triple désastre de la prohibition Par Pierre-Yves Geoffard, Professeur à l’Ecole d’Economie de Paris, directeur d’études à l’EHESS

Dans le Libération
du 16 avril dernier, vous pouviez lire :
Inepte sur les plans sanitaire, judiciaire et financier, l’interdiction ne repose que sur le seul terrain moral.
- Cannabis : le triple désastre de la prohibition
En déclarant de manière fracassante le 11 avril que la prohibition du cannabis ne fonctionne pas, et qu’il faut «situer le débat sur le terrain sanitaire, et pas sur celui de la morale», Jean-Marie Le Guen a en partie raison. En partie seulement, car ce n’est pas seulement en termes de santé publique que la prohibition est un échec. Mais que l’on se rassure : cette bouffée de pragmatisme n’aura pas fait long feu. Dès le lendemain, Najat Vallaud-Belkacem rappelait que «le gouvernement [s’était] exprimé clairement, il n’y a pas de dépénalisation du cannabis en vue» ; si besoin était, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, précisait qu’il n’y avait «pas de réflexion engagée sur cette question». Le message est clair : inutile de réfléchir, la morale suffit à guider l’action publique.
Pourtant le débat se rouvrira. Quand, comment ? Difficile de le dire. Mais il se rouvrira, car la politique actuelle est un triple désastre, sanitaire, judiciaire, et budgétaire.
Désastre sanitaire tout d’abord. S’il s’agit de réduire la consommation, la prohibition de marche pas. En France, malgré la répression de l’usage, 45% des jeunes l’ont déjà testé, contre moins de 30% aux Pays-Bas, où le cannabis est à peu près légalisé de fait. Et comme le rappelait Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpêtrière, ce que montrent les Etats américains qui ont récemment assoupli la législation est que «la consommation n’explose pas et, surtout, les consommateurs prennent des produits plus sains. Là-bas, la majorité du cannabis utilisé l’est sous forme de vaporisation, donc sans fumée nocive pour les poumons, limitant les effets toxiques au cannabis seul».
En faisant peser le même interdit sur tous les produits contenant du THC, le principe actif du cannabis, la prohibition interdit de favoriser les formes les moins dangereuses, encourage la diffusion de produits altérés pouvant contenir des substances encore plus nocives que le cannabis lui-même. Elle ne diminue ni la consommation globale, ni celle des usages excessifs, ni celle des consommateurs les plus vulnérables.
Désastre judiciaire et sécuritaire ensuite. Reflet de la consommation, le nombre d’interpellations pour usage simple du cannabis est en hausse constante et, malgré les circulaires du ministère de l’Intérieur préconisant une application plus souple de la loi, les affaires pour usage illicite de stupéfiants, dont la grande majorité concerne le cannabis, engorgent les tribunaux, et les incarcérations restent nombreuses. D’après un rapport parlementaire de 2014, l’Etat consacre de l’ordre de 850 millions d’euros par an à la lutte contre les stupéfiants, l’effort étant principalement supporté par la police et la gendarmerie (422 millions), les douanes (252 millions), et les services judiciaires (101 millions). Vos impôts financent des milliers d’emplois publics chargés de réprimer les actes d’adultes qui décident librement de consommer un produit qui, s’il est néfaste, ne nuit qu’à eux-mêmes.
Quelle liberté ? diront certains, qui ne voient dans les fumeurs de joint que des personnes dépendantes au cannabis, dont toute volonté est annihilée, incapables d’exercer leur liberté de jugement et de décider par eux-mêmes. Pourtant, si de telles situations existent, elles ne concernent qu’une faible minorité des consommateurs, bien plus faible que pour l’alcool ou le tabac, produits potentiellement bien plus addictifs que le cannabis, comme l’avait souligné le rapport Roques dès 1998. Où est la logique ? Mais il est vrai, n’est-ce pas, que les individus doivent être protégés contre eux-mêmes, et que l’Etat, sa police, sa justice, et ses prisons, sont là pour cela. En témoigne ainsi la récente pénalisation des clients de la prostitution, dont la motivation repose sur l’idée que toutes les personnes vivant de la prostitution n’exercent cette profession que sous la contrainte, au mépris du discours de nombreuses prostituées elles-mêmes.
Désastre budgétaire enfin. L’écart important entre le coût de production et le prix de vente final nourrit des réseaux criminels de distribution. En réglementant, voire en organisant, la production et la distribution du cannabis, la légalisation encadrée permettrait à l’Etat de prélever des taxes, et de rediriger ces sommes considérables vers des dépenses publiques plus légitimes. Le Colorado s’est engagé dans une telle démarche et, dès la deuxième année, les recettes fiscales dépassent celles des taxes sur l’alcool. Rapporté à la France, comme l’estimait un rapport de Terra Nova, les recettes budgétaires seraient de l’ordre de 1,5 milliard d’euros.
Tous ces faits sont connus, et ils sont têtus. Aujourd’hui la vraie question n’est plus de savoir s’il faut ou non légaliser la consommation, la production, et la distribution du cannabis, mais de dire quand, et comment. Au nom de quelle morale devrait-on persévérer dans ce triple désastre sanitaire, sécuritaire, et budgétaire ?
Cette chronique est assurée en alternance par Anne-Laure Delatte, Ioanna Marinescu, Bruno Amable et Pierre-Yves Geoffard.
Le, 29 juillet 2014 le New York Times dénoncait les dangers de la prohibition du cannabis
Le grand quotidien américain, le New York Times, venait de prendre position pour une évolution de la législation sur le cannabis. Comparant sa pénalisation à la prohibition et ses conséquences, il titrait clairement «Abroger la prohibition, à nouveau».
Les arguments que retenait ce grand quotidien étaient sans surprises :
– Les effets de la pénalisation concernent de façon privilégiée une minorité de la population, les jeunes noirs aux US, les jeunes issus de l’immigration en France. Loin de consolider et de défendre le lien social, la pénalisation le distend.
– Les conséquences sanitaires de l’usage sont réelles, mais loin d’être celles de l’alcool et du tabac. Nous ne pouvons là-aussi qu’applaudir cette affirmation, que nous et d’autres répétons en boucle et en vain depuis bien longtemps.
Cette première publication a été suivi d’une seconde, consacrée à l’injustice des arrestations liées au cannabis.
La dangerosité du cannabis est une histoire d’âge et de quantité. Plus il est consommé jeune et régulièrement, plus il est dangereux ! La conséquence en serait simple : mettre les moyens budgétaires, de plus en plus réduits, sur ce qui peut dissuader ce type d’usage, plus que sur une prohibition absolue qui ruine l’état (douane, police, justice, prisons…), fait la fortune des trafiquants et échoue lamentablement à instaurer le contrôle qu’elle prétend défendre.
Cela veut dire, concrètement :
– Aider les familles identifiées comme les plus en difficulté, par des programmes éducatifs qui les accompagnent dans leur lien à l’enfant ; consolider leur rôle et celui des adultes agissant dans ces années où se prépare la personnalité. De tels programmes existent, ils apparaissent et disparaissent dans nos débats avec l’apparition et la disparition d’un ministre de la santé, de la famille, de la jeunesse… Mais ils ne se mettent pas en place. Pas pour l’instant.
– Prévoir à l’adolescence, moment où inévitablement des expérimentations se feront, des points de contacts entre des adultes informés des dangers des substances (tabac, alcool ou cannabis) sur les adolescents, en terme neurologique (maturation du cerveau), psychologique (construction de la personnalité), sociologique (entrée dans la vie adulte). La mission Consultation Jeune Consommateur, telle qu’elle se relance actuellement, en prend la mesure, mais encore avec bien des hésitations, des craintes, notamment au moment de « lier » dans la future loi de santé le rôle de cette mission, portée par les CSAPA (Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie), et les actions de prévention et d’éducation à la santé !
– Oser toucher au dogme de l’interdit pénal, pourtant largement mis à mal, pour regarder les expériences qui marchent autrement et en tirer les leçons : garder une interdiction de consommer pour les mineurs ; prévoir la sanction pénale des adultes pour des usages spécifiques et avec circonstances aggravantes ; mieux optimiser les orientations vers le soin ; assumer qu’un usage privé et contrôlé chez un adulte n’est pas différent d’une consommation ponctuelle d’alcool et construire un marché qui ne soit pas identique à celui de l’alcool et du tabac!
Il y aurait bien évidemment matière à débattre, mais pour cela, il faudrait que le débat s’ouvre. La Fédération Addiction reçoit début septembre une délégation venant d’Uruguay ; des colloques ou congrès auront lieu cet automne sur « la guerre à la drogue », la réduction des risques et des dommages ; les évaluations sur les expériences américaines avancent…
Cela aboutira-t-il, dans ce pays où, sur ce sujet comme sur d’autres, s’affrontent les nostalgiques d’un passé dépassé et des réformateurs qui peinent à réformer ?
Cet article est paru sur le Blog : Un Monde 100 drogues, de Pierre Chapard et Jean-Pierre Couteron, à suivre en cliquant sur l’image ci-dessous :
Opération coup de poing à Molenbeek … Contre des terroristes, mon bon Monsieur ? Non, ma bonne Dame, pour arrêter des sans-papiers connus de la commune et du CPAS en flagrant délit de résistance au retour forcé …
Je reproduis ici un article de Selma Benkhelifa paru dans le Vif :

Résultat de l’action Molenbeek tweeté par Theo Francken très fier: 14 illégaux arrêtés, 6 mauritaniens, 2 guinéens, 1 Guinée Bisao, 2 sénégalais, 1 ivoirien, 1 malien, 1 burkinabé. Douze d’entre eux sont emmenés en centre fermé.
On peut légitimement s’interroger sur l’utilité et sur le coût d’un tel déploiement policier pour arrêter douze personnes parfaitement inoffensives à qui rien n’est reproché en dehors du fait d’être sans-papiers. En cette période de grandes déclarations sur l’austérité, le contribuable peut espérer que son argent soit plus utilement dépensé. Une centaine de policiers, des dizaines de véhicules et un hélico pour douze sans-papiers, c’est inédit.
D’autant plus que ces sans-papiers sont bien connus des autorités. Ils occupent cette ancienne seigneurie abandonnée depuis plus de deux ans, ils étaient en contact régulier avec la police de quartier, le CPAS, la commune, etc… Un conseil communal pour discuter de la situation du groupe « La Voie des sans-papiers » a eu lieu ce vendredi.Ce groupe composé de familles avec des enfants manifeste régulièrement et revendiquent des solutions qui permettraient aux parents de travailler.
Pourquoi subitement une réaction fédérale d’une telle brutalité?
Peut-être d’abord pour effrayer les sans-papiers et leur dire que revendiquer des droits peut les conduire tout droit en centre fermé.
Mais la vraie raison est un projet que la NVA couve depuis longtemps.
Déjà fin 2014, Théo Francken avait proposé que les policiers puissent entrer chez les sans-papiers sans mandat. Cette proposition n’était pas passé au Parlement, tout simplement parce qu’elle est anticonstitutionnelle.
Notre Constitution protège le domicile. Sans de bonnes raisons évaluées par un juge d’instruction, aucun agent ne peut pénétrer dans votre domicile, sans votre autorisation expresse. Il existe bien sûr des exceptions en cas d’appel au secours de l’intérieur ou de flagrant délit. Mais la règle est la règle, un agent qui pénètre dans un domicile privé sans autorisation commet lui même un délit punissable.
L’ « action Molenbeek », qui s’est fait en violation flagrante de la Constitution, était un test opinion publique. Jan Jambon annonce quelques jours plus tard, toujours sur tweeter, qu’il veut que les policiers puissent entrer sans mandat, s’ils ont une information selon laquelle il pourrait y avoir un sans-papier chez vous. Se souvenant du revers de 2014, il explique que la présence d’un sans-papier serait en soit un flagrant délit. Un délit de quoi? Un délit d’exister pour le sans-papier? Un délit de solidarité pour le belge qui l’héberge?
Les sans-papiers, comme les SDF, font partie de notre société, ils en sont les membres les plus vulnérables. Chaque fois que le gouvernement veut s’attaquer aux droits fondamentaux, il commence par essayer sur les sans-papiers. Ils sont le laboratoire de leurs atteintes à nos droits.
Mais après eux, chez qui les policiers pourront entrer sans mandat: les chômeurs soupçonnés de cohabiter, les malades de longue durée, vous, moi ?
L’article 15 de la Constitution sur l’inviolabilité du domicile doit s’appliquer à tous. Sinon il ne s’appliquera plus à personne.
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Fois partagé
Dangers, dommages, risques … comparés des drogues : le cannabis en milieu de peloton !
Se faire une idée « objective » des dangers de la consommation d’une drogue comme le cannabis semble essentielle pour conduire une approche intégrée d’une politique qui vise, autant que possible, c’est à dire avec raison et efficacité, à limiter les dommages liés à un usage devenu presque aussi courant que l’alcool ou que la cigarette.
Les médecins et les psychiatres ne sont pas toujours les mieux placés pour apprécier la dangerosité d’un comportement dans la mesure où ils n’ont à s’occuper que des situations « problématiques », extrêmes, et ce par le bout de la seule lorgnette appartenant à leur spécialité.
Peu d’entre eux pensent en terme de santé publique et en une perspective statistique, encore moins à la lumière de logiques de type circulaire; or, les effets de la consommation d’un produit sur le système humain sont des plus complexes et subtiles car ils dépendent de nombreux facteurs articulés.
Dès lors, comment évaluer les effets du cannabis sur un sujet lorsque l’on sait que sa composition en ses nombreux « cannabinoïdes » est variable ( cf. tableau n°1 ), que le mode de consommation ( voie orale, fumée ou vaporisation) et la quantité de produit peut fluctuer dans des proportions importantes ( quelques joints « festifs » lors de soirées de WE à une conso quotidienne de plusieurs joints durant des années durant ), que nos susceptibilités psycho-patho-logiques sont aussi diverses que sont variables les conditions d’existence de chaque consommateur ?

Il n’existe plus aujourd’hui une voix responsable qui ose encore déclarer que la consommation de cannabis ne présente aucun risque, n’expose à aucun danger; après quoi, il est nécessaire de répondre aux questions suivantes : quels dommages peut-on imputer directement à la consommation de telle ou telle forme de cannabis, combien de consommateurs sont-ils concernés par ces dommages, quelle probabilité le consommateur a-t-il de présenter tel ou tel problème, et enfin, dans quelles conditions la consommation peut-elle devenir dommageable ?
Pour conduire une politique à la fois efficace et crédible, il faut répondre à toutes ces questions et, une fois les liens entre les consommations et les méfaits établis avec précision et nuance, il reste alors à déterminer les possibles mesures pour en diminuer l’occurence et l’ intensité, c’est à dire pour en promouvoir le « bon usage« .
Il n’est pas inutile de répéter, même si cela ne plaît pas à tout le monde, que la réduction des méfaits, en ce compris des méfaits du Cannabis, est une posture humble, réaliste et responsable qui se situe à l’opposé de l’incitation à la « débauche » de dépenses pour une guerre à la drogue ( = prohibition ), perdue depuis belle lurette, en terme de prévalence des consommateurs et de dangerosité des produits en circulation libre bien que clandestine car illégale, guerre qui ne soulage, hypocritement de surcroît, que la conscience de ceux qui ne veulent pas admettre la défaite.
C’est, me semble-t-il, la seule et pragmatique alternative au réflexe quasi reptilien qui consiste à s’écrier » puisque c’est dangereux, c’est à présent prouvé, y a qu’à l’interdire ou plutôt confirmer l’interdit ! « ; c’est le seul choix responsable pour contrer cette « foi radicale » en la tolérance zéro, laquelle foi est essentiellement conditionnée par la peur, le jugement morale et les illusions sécuritaires.
La comparaison » de la dangerosité » des différentes drogues d’usage pour fixer les propriétés en terme de prévention et de soin, pour apprécier la relativité de nos postures éthiques mais encore pour fonder une politique de santé publique responsable …
Le Professeur David NUTT s’est fait connaître au Royaume Unis pour ses positions tranchées et tranchantes sur les dangers relatifs des drogues d’usages et sur la légèreté avec laquelle les décideurs de son pays ne les prenaient jamais en compte dans les législations y afférentes. Rappelons – nous cependant qu’au détour des années 80 le Royaume Uni a, bel et bien et honni soit qui mal y pense, God save the Manhood, Robin, décrété que le « Sida était plus dangeruex que la drogue »; en conséquence de quoi les pratiques de traitement et/ou de délivrance contrôlée d’opiacés de substitution en ce compris d’héroine médicinal (DAM) ont été promues comme un des moyens de minimiser les risques infectieux liés à l’usage d’opiacés.
De nombreuses pratiques et comportements humains peuvent ( probabilité quand tu nous tiens ! ) induire des dommages socio-sanitaires; la conduite automobile en est le plus bel exemple; entre beaucoup de nécessité et un peu de plaisir parfois, cette pratique organise, à sa manière, une dépendance que démontre la propension d’aucun à utiliser son véhicule automoteur pour des trajets insignifiants.
Tout le monde est sensé savoir, personne ne peut l’ignorer, que chaque année quelques belles vies s’envolent sur nos routes : en 2015, on a dénombré 40.303 accidents de la route faisant au total 52.571 victimes, parmi lesquelles 732 personnes ont perdu la vie dans les 30 jours suivant l’accident. Le nombre de tués n’a plus diminué depuis 2013.( selon les statistiques du SPF Economie –
)
En Europe, le décès, chaque année, par surdose ( généralement d’héroïne ), surviendrait à raison de 17 par million d’habitants ( soit 190 pour la Belgique ) et serait en diminution depuis 2009 (selon le rapport 2014 de l’OEDT
.
C’est dire si le traitement de cette activité hautement dangereuse, non seulement pour les conducteurs et leurs passagers plus ou moins consentant, mais, encore, en terme de nuisance et de pollution publique (je ne me hasarderais même pas à chiffrer le dommage) est particulièrement complaisant par rapport à celui qui prévaut en matière de drogues.
Si ce ne sont les dommages sécuritaires essentiellement liés au régime de prohibition, il faut rappeler que les dommages liés aux consommations de drogues ne concernent le plus généralement que les usagers eux-mêmes.
Pour en revenir à la dangerosité comparée, David NUTT a établi 9 critères permettant selon lui de classer plus objectivement des méfaits de la consommation d’un produit. Ces critères sont repris dans le tableau ci-dessous :

Et le verdict est clarissime en ce qui concerne le Cannabis, clair mais sans le moindre angélisme; non la consommation du cannabis n’est pas sans risque; mais elle est moins nocive que bien d’autres puisque la palme revient à l’alcool et que le grand dernier ( à la limite de l’élimination en matière de dangerosité ) concerne les champignons hallucinogènes …

Pour rappel, le tabac est une drogue qui possède un très gros potentiel addictogène et qui en terme de santé est réputé particulièrement dangereux : les fumeurs de tabac ont 20 plus de chance de développer des cancers que les non-fumeurs alors que les fumeurs de cannabis ne sont que 2,6 x plus susceptibles de développer des psychoses chroniques, maladies qui se soignent de mieux en mieux et dont le pronostic vital est nettement meilleur que le cancer, juqu’à nouvel ordre, car il se pourrait qu’un jour, retour historique de la manivelle bégayante, l’on déclare à nouveau le délire illégal et l’on enferme les fous avec les délinquants, voire on les brûle en place publique comme les sorciers du temps jadis !!
Alors pourquoi deux poids sanitaires et deux mesures répressives ?
D’autant que la régulation de l’accès au Cannabis devrait réduitre encore les dommages auxquels nous assistons aujourd’hui du fait de l’absence de contrôle sur les qualités des cannabis disponibles ( en particulier en principe psychoticogènes ).
Les drogues sont parfois nocives; laissées entre des « neurones » irresponsables, elles peuvent devenir dangereuses, comme les bolides qui arpentent nos autoroutes pourtant bien balisés et malgré les ABS et autres rails sécuritaires ! Si un permis de consomer des drogues n’est pas vraiment envisageable ( un permis à joints ), la promotion du Bon Usage est une nécessité première dans le même temps que la responsabilité des décideurs est de mettre en oeuvre des mesures qui fonctionnent ( comme des règlement à l’accès et le contrôle des qualités des cannabis ) plutôt que de laisser les marchés entre les mains de vendeurs sans scrupule sanitaire et, ce qui se passe partout en ces régions atteinte d’ autruchite chronique, de tolérer cette guerrière illusion que produit le fanatisme sécuritaire !
Le prix des médocs devient prohibitif en Belgique ! La santé est un luxe que plus aucun malade, bientôt, ne pourra se payer …
Michel, Ri, Nathan et les autres dénoncent le scandale …






