Mon petit Papa est mort, le jour de la Saint-Valentin …

Version 2Il aimait sa femme depuis plus de 60 ans, il aimait son fils unique qu’il se plaisait à qualifier de préféré, il adorait ses petits enfants, il en était fier pour ce qu’ils avaient réalisés, par principe et pour toujours, il avait peur pour eux, il leur faisait confiance, il était généreux, il se coupait en mille pour ses proches quitte à y laisser sa peau, il était rigoureux au-delà du raisonnable, il était de ces hommes qui supportent peu de ne pas contrôler les événements, lui qui avait si jeune subi la folie meurtrière des hommes, il était athée, laïc, mais discret, trop, sur ses intimes convictions, il était attaché à l’histoire de sa famille, du peuple juif, il était fier de la longévité de celui-ci, de sa ténacité et des lumières qu’il incarnait pour lui, bien plus que de sa religion et de ses communautés, il parlait et écrivait le yiddish mais pas l’hébreu, il admirait Isarël pour ce qu’il représentait mais était gêné, sans toujours oser le dire, pour ce qu’il commettait au nom de tous les Juifs, il était modeste et ne croyait qu’en les « professionnels »,  il était simple mais se compliquait la vie par crainte du conflit, du qu’en dira-t-on, crainte qui pouvait le rendre maladroit même avec ceux qu’il aimait le plus, il avait le petit doigt sur la couture du pantalon mais pouvait accepter que les autres portassent les jeans, il était sensible mais taisait ses sentiments les plus profonds.

Il était vivant, il était malicieux.

Nous nous aimions malgré nos différences, malgré les distances, lesquelles, manifestement, protégeaient notre attachement indéfectible l’un pour l’autre, nous nous sommes retrouvés, rapprochés, accrochés aussi,  au chevet de sa Rose, son unique, sa précieuse, celle qui lui avait tout donné au temps où il était malade, celle qu’il avait rejointe, plus apaisé, à l’heure de leur pension, bien avant que sa raison à elle, petite maman, ne s’évanouisse dans la nuit, nous nous sommes resserrés au chevet de sa femme qu’il a fini par quitter, à bout de force, la précédant dans l’obscure éternité, comme un brave éclaireur ( שחור הנצח שֶׁל גשש ).

Farewell, little dad, salut, petit Papa, tu es mort le jour de la Saint-Valentin car tu étais un grand romantique, sans conteste; tu es mort pour elle, par devoir, par amour, par amour du devoir.

Je te remercie pour tout ce que tu m’as donné, la force de grandir, la force de marcher, d’avancer, d’affronter, d’apprendre, de donner, de remercier, tu m’as donné les fondations et la liberté de m’émanciper et de m’élever.

Salut petit Papa, Farewell,

Abraham, le pionnier,

Arthur, the King of the Quest …

Médecins du Monde fait de la résistance et ouvre deux maisons médicales pour pallier les effets de la politique de Maggie DeBlock …

mmmdmL’ONG Médecins du Monde a décidé de mettre sur pied à Bruxelles deux maisons médicales afin de mieux gérer l’afflux toujours plus important de patients en situation de pauvreté qui frappent à sa porte, a-t-elle fait savoir dans un communiqué vendredi. Fin de l’année dernière, la ministre fédérale de la Santé Maggie De Block (Open Vld) avait décidé de réaliser une économie de 7 millions d’euros sur les maisons médicales et, jusqu’à nouvel ordre, de ne plus accorder aucune reconnaissance pour de tels centres.

L’organisation n’a, selon ses propres dires, pas d’autre choix que d’ouvrir elle-même des maisons médicales supplémentaires. « Nous ne le faisons pas pour le plaisir d’ouvrir un nouveau centre, mais bien parce que nous constatons que la saturation de la première ligne de soins de santé conduit à en exclure les personnes en situation de pauvreté ou de précarité. La volonté de Madame De Block est-elle que ces patients se rendent aux urgences dans un état de santé tellement dégradé que leur pronostic vital est engagé? « , s’interroge Nel Vandevannet, directrice des projets belges de l’ONG.

Médecins du Monde relève par ailleurs « la lenteur et la complexité du système de santé belge ». En plus d’offrir une assistance médicale, l’ONG aide également les personnes nécessiteuses à se remettre en ordre administrativement, de sorte qu’elles soient en règle de mutuelle et qu’elles aient accès aux soins de santé. « Il faut parfois des mois pour parvenir à référencer un patient dans le système de santé, et le succès n’est jamais garanti. Résultat: le nombre de personnes précaires qui se retrouvent exclues de l’accès aux soins ne cesse d’augmenter », regrette l’association.

L’ONG signale encore qu’elle doit de plus en plus souvent intervenir dans la prise en charge des médicaments. L’an dernier, Médecins du Monde a ainsi payé pour quelque 105.000 euros de médicaments au bénéfice de patients incapables de les payer eux-mêmes.

Le cabinet de la ministre De Block indique dans une réaction que son ministère a injecté en 2017 quelque 7,5 millions supplémentaires pour les maisons médicales et que treize nouveaux centres ouvriront leurs portes cette année dans notre pays. Il s’agit de centres dont la demande de reconnaissance a été faite avant octobre 2016. Aucune reconnaissance ne sera par contre accordée aux centres qui ont introduit une demande après cette date et ce, jusqu’à ce qu’un audit soit organisé dans l’optique d’améliorer le système. Un montant de 10 millions d’euros a été bloqué dans l’attente de cet audit, souligne encore le cabinet.

Source MEDIPLANET.BE, le 10/02/2017 – 07:26

Je participe aussi à la Tournée Minérale !

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Depuis hier, moi aussi, je participe à la Tournée Minérale, après des années de consommation en constante quoique raisonnable augmentation, quasi tous les jours, plutôt peu et en maintes occasions agréables, mondaines ou intimes, en bonne quantité même si en belle qualité; ahhh, à cet égard, quelle est pas perdue la précieuse illusion psychique que cette subtile combinatoire entre l’arôme, le bouquet, les cépages, la charpente, l’équilibre, le fruit, la larme, la maturité, la puissance, la robe, la souplesse,  les tannins, le volume,  les assemblages  et autres distinctions, cette grande illusion que la santé « somatique », pure, dure, radicale, ignore dans toutes ses longueurs de bouche et transforme, sans la moindre nuance, en cholestérol, neuropathies, Korsakow ( qui rime ski )et qui glisse sur les circonvollutions) et autres crise de foie gras double …

Aucune  de ces dérives ne sont en vue pour moi, je pense, avec certitude,  mais souvent, en ces matins brumeux qui suivent la guindaille,  je me suis dit qu’une pause sanitaire ne me ferait nul mal; mais voilà, jamais, seul, je n’avais pu, jusqu’ici, résister aux bulles apéritives devenues ces dernières années mon minimum syndical quotidien et à la Grappe blanche ou barriquée, cerise sur les tonneaux, en fin d’agape, de ripaille et de festoiement !

Quelle aubaine que cette Tournée qui rassemble les bonnes intentions sans enfer trop, ce Ramadan-Kippour-Carème athée, au thé vert, et qui stimule collectivement une abstinence laïque exclusivement personnelle et intime, sans intention de la donner pour acquit éternel, plutôt comme les UROD  ( ultra rapid opiates detox ) que jadis le discret Dr Jeffrey Marx (Cheltenham, GB  ) consentait à proposer aux lourds héroinomanes pour remise à zéro, contrôle technique, avant reprise de la conso sur un corps et esprit « clean » ( au passage il leur était proposé une prescription de diacétylmorphine dans une visée de RDR ).

Ne pas boire pour mieux boire, arrêter de boire pour mieux recommencer, stopper l’usage, un temps, et c’est pas donné, pour tendre à (ou maintenir, renforcer) un bon usage, libérer son moi pendant un petit mois pour boire librement, quand je veux, ou je veux …

Enfin, je dis ça ( pour moi ) et je dis rien (pour toi, vous, nous, ils !).

La Tournée Minérale, c’est ensemble, mais c’est perso.

En attendant que l’épreuve se corse, et pour nous consoler un peu par le propre de l’homme, à ne pas confondre avec Mr Propre, je nous propose d’en rire, et de revoir ou de voir, pour les plus jeunes, le fameux et délicieux « J’arrête de Boire … «   du regretté « gentil » Bourvil …

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J’arrête de boire avec une volonté ferrugineuse …

Hoe kunnen we Cannabis regelen ?

Vient de paraître, dans la langue de Vondel ( Joost van den Vondel
, écrivain, poète et dramaturge hollandais, né à Cologne 1587 et mort à Amsterdam 1679)
, la suite du travail hautement académique mais pas moins pragmatique de « Cannabis: bis? Pleidooi voor een kritische evaluatie van het Belgische cannabisbeleid » qu’il avait publié en novembre 2013.

 

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En gros, le nouvel ouvrage est un argumentaire pour une réglementation cohérente d’avec les sensibilités politiques majoritaires de ce qui reste de Belgique. Il développe son modèle selon plusieurs étapes qui déambule d’un exposé des motifs posant la règlementation de Cannabis comme une option sérieuse et praticable au plan des conventions internationales, qui passe ensuite en revue les principes de base d’un modèle  » belge  » de règlementation, lesquels principes sont déclinés en une phase préparatoire, qui décrit tout en détail une mise en oeuvre proprement-dite et pratique au plan juridique, sécuritaire, préventif et réductioniste de risques et qui, enfin, ultime et essentielle étape, se termine par une impitoyable évaluation selon des critères rigoureux …

pour vous procurer l’ouvrage : Edition LANNO

La traduction en français est en attente de finalisation.

 

 

Et un sondage français qui nous annonce que 43 % des français en âge de voter seraient favorable à la dépénalisation de la substance verte : lire le blog de Jean-Yves NAU

Le « Nalscue® » est enfin disponible en France, et en Belgique, lanterne rouge de la RDR en occident, c’est pour quand ?

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BIENTOT A BRUXELLES ???

« Trente mois depuis que l’Agence de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a octroyé (5 novembre 2015) une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) pour la spécialité Nalscue® (naloxone 0,9 mg/0,1 ml en spray nasal), l’annonce officielle vient seulement d’être faite sur le site de l’ANSM : « Mise à disposition élargie du spray nasal de naloxone (Nalscue®.) » A la veille des fêtes de Noël :

 « Dans le cadre de son autorisation temporaire d’utilisation (ATU), Nalscue® peut dorénavant être dispensé dans un centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) quel que soit son mode de gestion (associative ou hospitalière avec ou sans pharmacie à usage intérieur)  ainsi que par des centres et structures disposant d’équipes mobiles de soins aux personnes en situation de précarité ou d’exclusion gérés par des organismes à but non lucratif. » »

C’est ce dont nous informe Jean-Yves Neu dans une de ses dernières très bonnes livraisons.

A quoi sert la Naloxone, par voie nasale ou en intra-musculaire  ?

 » Ce médicament est indiqué chez l’adulte et l’enfant dans le traitement d’urgence des surdosages aux opioïdes, connus ou suspectés, se manifestant par une dépression respiratoire et dans l’attente d’une prise en charge par une structure d’urgence Le Protocole d’utilisation thérapeutique et de recueil d’informations (PUT) est disponible en cliquant ici  ou sur demande au laboratoire Indivior France (nalscue@mapigroup.com) « , je recite JYN, et comme le disais le Dr JP Lhomme ( regardez – le témoigner au nom de MDM France, à l »Assemblée Nationale Fr ), à Rabat, en décembre dernier, à l’occasion du TDO5, qui énonçait une évidence basée sur toutes les expériences,  » le seul effet secondaire de la Naloxone, c’est de sauver des vies ! « 

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Dr Jean-Pierre LHOMME

Au Québec, des interventions communautaires, menées par des « pairs » et soutenue par des formations de groupes d’usagers actifs, permettent de diffuser ces pratiques extrêmement efficaces et de sauver des vies d’autant que, à l’instar de l’émidémie d’overdoses que l’on rencontre au USA du fait de l’extension des traitements aux opiacés de synthèses ( morphines et autres Fentanyl ), le Canada connaît également une vague d’intoxication sans précédant.

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Le programme PROFAN, également présenté avec intérêt à Rabat, témoigne de ces pratiques qui prennent les usagers de drogues pour ce qu’ils sont, des êtres soucieux de leur santé, comme Mr et Mme tout le monde, voire parfois plus; avec, pour plus-value des programmes de formation au traitement de l’overdose, en l’attente des réanimateurs, une nette amélioraton de l’estime de soi et du soin de soi qui en découle irrémédiablement !!!

A voir, via ce lien YouTube, le petit film réalisé non sans humour par des usagers formés à la « technique » !!!

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Alors Mme DEBLOCK, c’est pour quand en Belgique qu’on sauve des vies ??

 

Une projection, laissée en friche depuis presque 10 ans, un parti poétique pris sur un quotidien anthropophage … « M’assoc » ( juin 2007 )

Voici un texte inspiré, il y a à peine 10 ans, par le foisonnement de projets qui étaient les nôtres, ceux de quelques uns des tout proches et intimes amis de lutte pour une cité meilleure mais plus belle aussi, une cité qui laisse moins pour compte, rassembleuse sans être racoleuse, une coulisse saine, une scène qui laisse couler les temps les uns vers les autres, à toute heure, sans heurt, à tout va, va, va …

Un simple texte de « bonnes intentions sans trop en faire » mais qui voit aujourd’hui, sous une forme plus militante, plus engagée, plus en phase avec un monde qui s’est durci, hérissé, « entropé », certains de ses espoirs se concrétiser en la  « Création de dispositifs nouveaux soutenant la prise en charge de publics fragilisés à Bruxelles » via le programme FEDER par l’action conjuguée de Médecins du Monde et de Solidarimmo

( lire absolument le Communiqué de Presse qui suit le lien !!! )

Voici un texte écrit avec ces idées qui venaient doucement perler à l’interface de mes engagements amicaux, professionnels et fraternels, largement inspirée par ces merveilleuses rencontres qui font ce que nous devenons, résolument, qui reste parfois dans les cartons, comme celui-ci, à ces rencontres qui m’ont tant donné, de lumière et de force aux moments les plus douteux … Comprenne qui pourra ce qui expirait alors, qui était en cours, un peu à l’encontre de la tendance du repli naturellement sécuritaire que nous connaissons, et particulièrement en temps de turbulences …

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Une maison de certaines libres associations, M’assoc

Long exposé du large motif

Depuis presque un an, fortement inspiré par la CNC (Cornouille Nerveuse Centrale), un projet se trouve en pré-gestation, tout en attente encore de semences nombreuses et d’origines si possible nombreuses, en une « locution » comme en cent, en voie de light mélange agorique ( du mot agora, scène de l’antique démocratie mais encore nom d’un projet anti-sécuritaire de certains connus ) …

Il s’agirait d’un projet destiné à conjuguer des idées, des volontés, des traditions, des activités quotidiennes et des réalisations exceptionnelles, des désirs et des plaisirs dans un sens collectif.

Un projet grammatical, pictural et culinaire dont les règles à définition continuée ont pour seule vocation de mélanger les mots, les couleurs et les ingrédients des vies.

Un projet de libre marché communal, de discours scrupuleusement orientés sans la moindre correction politique, de musiques travaillées et partagées jusqu’à la leçon, de chères (l’étymologie renvoie au visage – de l’autre, bien sûr, on le levinasse) fraîchement parées et à la portée de chacun pourtant.

Il s’agirait d’un projet d’hommes et de femmes, qui signent leur profonde croyance en la rencontre et dans la réalisation toujours partielle d’un chemin collectif et à d’autres ouvert ; à d’autres et non, car il s’agirait de démagogie, et non aux autres ou à l’autre fût-il grand ( le grand futile  ).

Il s’agiraitt aussi d’une entreprise qui fasse lien entre divers engagements sur d’autres scènes joués, engagement politique, engagement professionnel et, s’il nous plaît d’accepter cette néolocution, engagement intime.

Idée générale

L’idée générale réside dans la création, l’ouverture, la construction, l’érection, d’un espace -réceptacle – creuset – fermentateur ( aujourd’hui on dirait incubateur ), qui occupe dans les nombreux quotidiens autant de prétextes à sa vive et pacifique occupation.

Cet espace accueillerait, dans la mesure du possible, toutes les activités collectives à valeur politiques ajoutées (du genre Pôlis), activités qui tapisseraient les interstices de la vie professionnelle et /ou privée de ses occupants.

La Bellevilloise, la « forteresse culturelle » … 

En effet, entre les périodes de labeur et les investissements du strict intime, certains d’entre nous passons de très nombreux intervalles de temps en des lieux intermédiaires, tantôt pour des moments d’exception que les espaces traditionnels ne peuvent accueillir (réunions, conférences, séminaires, fêtes, ……) tantôt pour rencontrer des connus en un autre espace, autour d’un loisir socialisant (le boire, le manger, l’écouter, le voir, le danser, etc …).

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L’entre-deux (activités) représente, pour certains citoyens que nous sommes, entre travail et maison, entre deux rendez-vous, entre travail et loisir, entre maison et loisir, entre chez moi, chez nous et chez toi, chez vous, l’occasion souvent ratée, faute d’espace « approprié », de déposer corps et esprit en un lieu authentiquement commun :

  • assez attractif mais assez neutre à la fois,
  • un lieu de passage et de station confortable,
  • un espace multidisciplinaire, entre l’utilement pratique (s’alimenter de quelque genre ou bénéficier d’un service) et le gratuitement ludique,
  • une halte – garderie – de – soin – de – soi,
  • en un lieu de rencontre et d’isolement, de recueillement et de glanage,
  • en un lieu de commerce à transaction plus humaine que financière,

Ce projet prétend également fournir à un groupe au moins de citoyens bruxellois, la trame spatio-temporelle d’une « sur – socialisation » volontariste, de même, qu’un espoir d’inclusion, par diverses manières, de ceux qui, démunis de « facteurs de socialisation », se trouvent généralement aliénés dans des « habitats » de la grande marge.

Ce projet serait dès à présent un cadre que les associations libres pensives devraient pouvoir investir et faire leur, par le biais d’un mise en communauté des biens de l’esprit …

S’il n’était qu’un principe : les 10 % du Maasser   ( מעשר  )

Il est écrit dans la Torah « tu prélèveras chaque année, la dîme de toute la récolte qu’aura produit ton champ » (Deutéronome chap.14 v.22). « Par cette mitsvah (bonne action), on obtient l’assurance de s’enrichir, ainsi que l’ont notifié nos sages dans le Talmud : « Prélève le maasser afin de t’enrichir ».  10 % de tes biens, de tes récoltes, de tes gains, seront donnés à la communauté et destinés, soit aux œuvres collectives, soit aux plus pauvres de la communauté afin qu’ils puissent participer pleinement à la vie de la cité, tel est l’esprit du Maasser.

L’application de ce principe à la M’assoc se ferait dans l’esprit de la mutualisation des plaisirs partageables  : les co-animateurs de cette entreprise s’engageraient à « donner » une partie de leur « activités », de leur temps, voire de leur bénéfice, au profit de l’œuvre collective.

C’est à dire qu’ils s’engageraient à remplir le creuset d’une part infime de ses habituels ingrédients pour en faire bénéficier les usagers de la M’assoc.

Par exemple :

Par exemple, tel théâtre, tel club de jazz, tel festivalier, telle cinémathèque, etc … y organiseraient, une ou deux fois l’an, une représentation faisant partie de sa programmation, un spectacle out, la somme de tous ces événement dûment agendés devant permettre l’occurrence d’un nombre important d’évènements en une combinatoire tout à fait imprévue.

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De même, tel artisan ou commerçant de bouche destinerait une partie de sa production « simple mais excellente », à un prix de revient moins onéreux (mais sans auto-concurrence), lesquels seraient mis en vente pour consommation sur place, selon une table d’hôtes « viens-y, j’ai acheté qqchose de bon à boire et manger ».

Les associations seraient au centre de ce « lieu de maasser – ation » ; 10% des réunions de type journée institutionnelles, séminaires internes, conférences externes, et pour celles qui ne disposent pas d’espace suffisant, des lieux de rencontre d’exception (à l’occasion de visites de collègues étrangers, d’assemblées générales, etc …) s’y tiendraient. L’agenda de chacune serait construit en sorte d’occuper de façon optimale et surtout vivante, le réceptacle de tous ces mouvements associatifs forcément en voie de croisement. Il ferait bon sortir de son chez soi institutionnel quelque fois l’an pour venir travailler en extérieur …

Un système de tickets « restaurant, auditoire, librairie, cyberstation, etc … » serait de nature à contracter d’avec l’une ou l’autre association, institution, opérateur, privé ou public, les conditions d’une fréquentation surdéterminée.

Le corps ne serait pas laissé pour compte : sous la forme de cours ou de services, des activités sportives de qualité particulière et d’inspiration multiples pourraient être proposés comme autant d’infra- ou de méta – textes d’intérêts partagés.

Un lieu d’inclusion des moins munis, un lieu d’insertion des plus exclus.

L’espace serait largement ouvert et l’euro ne serait pas, a priori, le mode de sélection de la politèle.

Seuls les choix « programmatiques », les menus, les décors, les odeurs, les rythmes, les couleurs, devraient être susceptibles d’opérer des mouvements d’attraction ou de répulsion.

A cet égard, l’attention serait portée au mixage des mouvements des sous – populations à capter. Les associations joueraient de diverses manières l’ambition de l’inclusion.

La tenue d’activités incluant les usagers des services en ce lieu d’ouverture devrait être de nature à imprimer un premier mouvement.

la-bellevilloise-paris-east-village-breakfastL’inclusion des usagers en voie de réinsertion « professionnelle » dans des postes de travail offerts par l’espace devrait compléter de façon très porteuse l’engagement du projet dans une vocation d’inclusion citoyenne plus profonde.

Par quels M’acteurs ?

Le projet serait mené par un petit groupe de personnes impliquées de cœur et pouvant consacrer au moins un dixième de leur temps de travail réel.

Des professionnels de « l’inclusion sociale », de la restauration artisanale, de la vente, du spectacle et des arts, ainsi qu’un ou deux acteurs publics de la Ville … formeraient le « core »  de ce projet ( où est pasé le « core » ?).

Un secrétariat poétique et une gestion  humanitaire seraient mis sur pied au moment même de la confection pratique du projet ; un subside serait donc demandé et obtenu pour diriger des travaux d’approche et des études de faisabilité.

Dès à présent, la «recherche » d’inspiration sera à l’ordre des jours et des nuits des promoteurs auxquels l’ont souhaite une longue phase d’euphorie maniaque.

Et c’est ainsi que se terminait ce premier jet … il y a presque 10 ans d’ici.

C’est exactement comme avec la substitution aux opiacés …

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Une lutte s’engage aujourd’hui autour de l’inocuité de la cigarette électronique, non seulement en terme de toxicité directe  ( en tous les cas, il faudra arrêter de dire que l’e-cigarette constitue un traitement de  substitution au tabac, mais bien d’une substitution à la nicotine du tabac) mais, c’est nouveau, ça vient de sortir, c’est malin, c’est perfide, comme les opposants au Baclofène, comme les vertueux de la seule abstinence comme alternative aux addictions, si, si, il en existe bien plus que l’on ne le croit, il s’agit maintenant de prétendre que la cigarette électronique est et sera de plus en plus la porte d’entrée, pour les primo-addicts, vers le tabac et toutes les autres méchantes drogues, prétention à cette ancestrale théorie de l’escalade à nouveau revisitée au plus grand bénéfice, on le suputte, on le suspecte, on le comprend aisément car il n’y a qu’un pas de porte fort bas malgré les accises, des cigarettiers cow-boys, heureux bowlingers et autres caravaniers !

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C’est ainsi que Jean – Yves NAU, dans son avant – dernière livraison  » La démonisation de la cigarette électronique est l’une des incarnation de la post-vérité « , dénonce un nouvel avatar de l’opposition morale à la Limitation des Dommages, laquelle avance souvent sous le masque de la Santé Hygiéniste …

No Passaram, soyons vigilants !!!

 

L’histoire des drogues, comme toutes les bonnes histoires, se répète, bégaie, est redécouverte, revisitée, réinterprétée, mais toujours (re)dévoile le génie de l’homme à les utiliser (aussi) pour rendre la vie moins douloureuse voire plus belle …

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Aujourd’hui plus qu’il y a 5 ans, me semble-t-il, et peut-être le paradigme de la « limitation des dommages » aidant, le corps « thérapeutique » acceuille avec plus d’ouverture les témoignages de plus en plus nombreux, à propos des drogues psychodysleptiques, d’un usage « éclairé » par la communauté des consommateurs,  à des fins de développement personnel et / ou de « soins psychiques ».

MDMA, Ayahuasca et autres Ibogaïne sont de plus en plus expérimentés pour des propriétés ressenties comme « thérapeutiques » de certains états de souffrance chronique.

Sans parler des variétés de cannabis, aux différentes teneurs relatives en tel ou tel composant, qui ont montré le chemin à des firmes strictement commerciales d’un nouveau marché de remèdes « présumé soft » à tous ces maux que l’on classe encore trop souvent, par ignorance étiopathogénique, dans la catégorie des troubles fonctionnnels, et que les médecines traditionnelles négligent ou dont elles nient simplement l’existence.

La psylo n’échappe à ce re-nouveau médicinnal comme en témoigne l’article récemment répercutée dans une e-revue on ne peut plus classiquement sérieuse ( MediPlanet n° 1783 ) et il me souvient ausitôt la fierté avec laquelle un de mes maîtres de stage relatait avec 

Des hallucinogènes contre l’anxiété et la dépression?

La psilocybine pourrait rentrer dans la pharmacopée pour soutenir les patients atteints de cancer avec un syndrome d’anxio-dépression …

psilocybine2La psilocybine est, comme chacun sait, cette substance psychoactive contenue dans bon nombre d’espèces de champignons dont la plus connue est celle des psilocybes. Les effets psychoactifs sont essentiellement dus aux médiateurs sérotoninergiques. L’idée est donc rapidement venue qu’on pourrait les utiliser dans les troubles obsessionnels compulsifs, ce qui a été fait avec un certain succès.

Depuis les recherches se poursuivent et une équipe américaine a mené une petite étude bien conduite en double aveugle chez 29 patients ayant développé un syndrome d’anxio-dépression lié à leur cancer. Les patients ont été randomisés en deux groupes équivalents et ont reçu soit une dose unique de psilocybine à raison de 0,3 mg/kg soit une dose unique de niacine en conjonction avec une psychothérapie dans chacun des deux groupes. L’objectif était de comparer les scores d’anxio-dépression dans les deux groupes à 7 semaines avant le cross-over. A ce moment-là, les patients ont reçu le traitement qu’ils n’avaient pas eu au départ.

Au moment de l’évaluation à 7 semaines, les patients sous psilocybine ont connu une amélioration immédiate et substantielle ainsi que soutenue des symptômes d’anxiété et de dépression. Celui-ci a permis de réduire le désespoir lié à la maladie, d’améliorer le bien-être psychique et d’augmenter la qualité de vie. Après 6,5 mois de suivi, la psilocybine était toujours associée à des effets anxiolytiques et antidépresseurs chez environ 60 à 80% des patients traités. Cela s’est traduit aussi par une amélioration soutenue de la qualité de vie.

En conjonction avec une psychothérapie adaptée, il semble donc bien qu’une dose modérée de psilocybine permette aux patients atteints de cancer de passer de mauvais caps psychologiques…

Rapid and sustained symptom reduction following psilocybin treatment for anxiety and depression in patients with life-threatening cancer: a randomized controlled trial

« PSILOCYBINE, QUAND LA PSYCHIATRIE EXPLORE LA CRÉATION, LES ANNÉES 60 À SAINTE-ANNE »

 Psilocybine, quand la psychiatrie observe la création, les années 60 à Sainte-Anne

Le Centre d’Etude de l’expression organise depuis plusieurs années des expositions thématiques, réunissant des oeuvres de la Collection Sainte-Anne, mais aussi des œuvres d’artistes contemporains et des œuvres de collections particulières.

psylocreatLe thème choisi pour l’exposition qui sera inaugurée à l’occasion des « Journées Européennes du patrimoine » s’inscrit directement dans une triple histoire : l’histoire des années 1960 à l’hôpital Sainte-Anne, l’histoire de l’art contemporain et l’histoire de la recherche sur les processus de pensée et de création.

Cette exposition est fondée sur les travaux et la thèse de René Robert qui rend compte de l’expérimentation en 1960, d’une substance hallucinogène pour des artistes. L’un d’entre eux, Jean-Jacques Lebel a mis ses souvenirs et ses œuvres à notre disposition. C’est ainsi qu’il a été possible de rassembler un ensemble d’œuvres très essentielles liées aux expériences de création sous psychodysleptiques, à savoir la psilocybine.

Ce voyage dans l’histoire de la psychiatrie et dans les arcanes des processus de création n’aurait pas pu se faire sans les documents et les œuvres que Liliane Robert avait soigneusement conservés.

Artistes exposés : Jacques Breton, Jean-Martin Charcot, Philippe Hiquily, Pierre-Xavier Laffite, Jean-Jacques lebel, Sam Mandel, Henri Michaux, Frédéric Pardo, Vida Parme, Daniel Pommereulle, Bernard Saby, Nathalie Waag…

Anne-Marie Dubois

La Caricole, fierté du folklore bruxellois

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Ce lundi matin, j’accompagnais mon ami et néanmoins confrère, Michel Roland, en une mission d’ « expertise  » médico-psychologique au bénéfice d’un jeune homme résident depuis queqlues jours à peine au Centre 127 fermé dit 127, à Steenokerzeel, aux alentours de Bruxelles – triple capitale. Il fait froid et brumeux lorsque la voiture de Michel se gare le long de la cage grillagée qui entoure le 127, à 200 mètres à peine de la célèbre « Caricole 127 bis », inauguré par Maggie DeBlock en 2012,  oui, oui, celle-là même qui espère aujourd’hui assainir le budget de la Santé en lui assainant coupes et coups de jarnac (assainir en assainant ), et qui alors exprimait sa fierté  d’avoir contribué à l’érection d’un  » … Centre  … destiné à maintenir humainement les étrangers afin de les rapatrier au plus vite dans leur pays d’origine ou de leur octroyer l’accès au territoire lorsque la réglementation le permet, ….. Centre destiné à rencontrer  l' »urgence » de remplacer le centre de transit 127, et ce en créant autant que possible dans le bâtiment un climat de sécurité et de convivialité, ainsi qu’une certaine liberté de mouvement ». »

A moins d’un km, au bout de la route, un tarmac de notre « nationale » aéroport  sur lequel s’élance un lowcost de Ryanair, lourd de voyageurs, comme une avant-goût de ce qui arrive à tous ceux à qui nous refusons l’accueil solidaire, un aller simple sans le moindre espoir de retour …

C’est donc au 127 que nous nous rendons pour y « examiner » un jeune somalien de 24 ans réputé troublé du comportement et récemment transféré de Vottem, pour ces raisons psychiatriques, semble-t-il, nous dit-on, lit-on dans son dossier. L’entrée du Centre est un-somalien-a-paris2organisé de façon analogue à celle d’une prison et le cadre austère, sécure, presque aseptisé, serait presque hospitalier si n’était la présence de barreaux aux fenêtres, de grillages à quelques mètres seulement, de l’étrange maison d’arrêt à la lisière de ce matin de ciel plombé.

Et puis encore, je vous passe le détail des multiples signes de la privation de liberté pour qui n’a comme tort que d’être né de travers, car pas ici et maintenant.

Cet homme jeune encore et qui a déjà tant vécu, mais pour combien de temps, n’aura pas demandé aujourd’hui à nous voir mais il pense, oui Monsieur Francken, il pense aussi, comme vous, enfin non, j’espère, pas comme vous, il pense qu’il n’y a rien à perdre à accepter de raconter son histoire à nous les bien-nés, pour tenter encore une fois de sauver sa belle peau d’ébène.

Et au travers du  » jeune  » Abdraze,  nous écoutons la Xième histoire de l’homme chassé par les guerres, notament celle que l’occident a procuré à  Al-Shabbaab ( en arabe : الشباب, qui signifierait  « jeunesse ») et qui, crime de lèse humanité, a la bizarre idée de vouloir échapper au  funeste destin de sa communauté dévastée tous les jours un peu plus; c’est l’histoire d’un « perfide opposant » à la mort qui s ‘est décidé à tout quitter pour fuir la corne somalienne vers une Libye mafieuse, championne du rackett et de la traite humaine, Lybie qui a plus d’un tour de passe – passe à prix d’or dans son sac de noeud coulant, pour refouler à la mer, en de frêles raffiots incertains, tous les insoumis  de toute l’Afrique  vers les côtes qui de la longue botte, qui de la petite Lampeduse, qui encore des alentours de Syracuse, en grand danger de noyade collective faut-il ajouter.campdadaab

Et nous entendons, sans pouvoir prendre vraiment  le temps de l’entendre, et lui de le dire, les mots de tous ces hommes, ces femmes, ces enfant qui aimeraient tant pouvoir nous dire merci, en toutes nos langues communautaires, pour notre grande bonté et nos belles terres d’accueil, à nous tous lointains, très lointains descendants des révolutionnaires fraternels et égalitaires; ils aimeraient tant pouvoir remercier les humains, trop humains, de les avoir enfin reconnus et accueillis en leur altérité; mais nous faisons partie aussi de ces hommes centripètes, planqués derrière leurs murs sans tain, qui les rejetons, les parquons, les relèguons, les excluons, les faisons lanterner rouge, les assignons à indignes résidence, les expulsons, les jouons au ping-pong, les confondons, les combattons, et même si, de toute la Gaule,nous sommes le peuple le plus brave, les répudions bravement pour protéger nos conforts pourtant de plus en plus précaires ( c’est la guerre éclair des précaires, qui se joue ) …

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Histoire d’un homme qui ne comprend pas pourquoi nos dires d’hospitalité, nos discours de civilisation, le sens de nos mots de paix, de nos actes politiques conjugent à ce point les contradictions et les faux-semblants et ne sont in fine que de façade.

Une fois convaincus que cet homme, jeune et potentiel, est en « normale » santé mentale compte tenu des déterminants traumato-sociaux de sa biographie, et que ces troubles sont cohérents d’avec un psychisme presque parfaitement adapté à la souffrance réitérée mais encore aux abois, il nous reste alors à l’abandonner :

  • à ce monde-sans-homme par « nos guerres lointaines » à lui imposé,
  • à ce ground zero humanitaire,
  • à ce nul départ-ailleurs-mais-surtout-pas-ici, à cette zone qui tamponne la plaie béante et bondée jusqu’à la nausée (cette plaie par laquelle la nausée abonde) sans jamais la guérir et que nul « bon état » ne daigne suturer,
  • à ce purgatoire qui semble dédié à montrer au trois-quarts du monde qu’il est coupable de ne faire partie du bon quart et que son destin  est de passer un mauvais quart de vie, un quart de malheur.

Et voilà, clic-clac, le centre se referme et nous repassons le portique sécuritaire, inutile en ce sens pour regagner la vraie vie,  armés jusqu’aux oreilles, de nos mobiles et autres libertés d’expression.  Notre auto se joue des circulations  et par la route enfin dégagée, nous rentrons en la ville tempérée, où les malheurs ont la délicatesse de se faire discrets, et où les braves ouvrières  que nous sommes peuvent s’agiter dans l’illusion feutrée de règner sur leur destin.

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Entre-temps, ils sont des millions aux portes de l’Europe, laquelle ne cesse de repousser ses frontières et sommer grecs et turcs, à coups de milliards d’€, de garder les réfugiés loin, loin, loin, au prétexte d’une lutte contre les terrorismes, sans conscience de ce que l’Europe vertueuse entretient largement les « haines de l’Occident » ( lisez, relisez Zigler, please … ).

 

Trump, Fillon, Le Pen, gagnent les démocraties molles d’Occident pendant que le bruit des bottes retentit à l’Est, sous la houlette des Poutines, des  fils d’Abdelazziz  (Al Saoud) et autres Erdogan, pour ne parler que de ceux qui occupent les espaces médiatiques …

Et enfin, oui, merde-zut quoi, que reste -t-il de nos amours, quand le Commandant Fidel nous quitte en Adidas, livrant sa dictature révolutionnaire aux diktats néo-libéraux ?

S’il est loin le temps des utopies … il nous reste l’espoir de tous les matins du monde

 

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Que je devienne un jour un vieux singe ridé, que le ciel de Cuba se brise comme verre, je sais que l’on peut vivre ici pour une idée mais ceci est une autre affaire !

 

(Cuba Si ! –  Jean Ferrat  – 1988)