La promesse …

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La promesse, c’est cet instantané de demain d’un paysage encore largement à venir.

La promesse est prise autant qu’elle est donnée, belle et toute lourde de l’avenir qu’elle envisage ou fausse et trop légère des illusions qu’elle veut faire à son récipiendaire.

La belle et ferme promesse est claire, nette, sans faux-semblant, tous bourgeons dehors comme autant d’appels à projet, toute sève en veine, comme  autant d’énergie.

La promesse est aube, ciel et lumière, gorgée de désir et de limon rouge …                                 La promesse est herbe selvatique, roche mousseuse, maquis en friche et prairie nouricière, miel et agrume, et douce – amère …

La promesse engage et attracte, pousse et tire, rêve et réalise …

La promesse se tient debout, tout au long, et jamais ne s’estompe sinon à se dédire.

La promesse est tenue ou à ce point ténue qu’elle vacille à la moindre partie adverse …

La promesse engage les combats, défie les temps, distrait le présent et  force le passage.

La promesse de demain, c’est bientôt ici et déjà maintenant …

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“En théorie, il n’y a pas de différence entre la théorie et la pratique. Mais en pratique, il y en a une.” Yogi Berra

Et bien voilà, ce qui devait arriver est arrivé : malgré les apparences tout en courbes et circonvolutions, la dernière ligne droite a hier débuté sa course folle, sa fuite en avant, sa chevauchée fantastique, son pas de charge franche, son grand galop vers la sortie tant convoitée et, enfin, à portée de vie … Ce qui, il y a un an encore, constituait un bel avenir va très vite devenir présent, ce qui était prévu se fera voir, tout bientôt, de plus près, ce qui était tout théorique se transformera soudain en pratique quotidienne …

Quatre petits mois de tours (de passe-passe) et puis m’en vas … bonjour le vertige !!!!

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Mon petit Papa est mort, le jour de la Saint-Valentin …

Version 2Il aimait sa femme depuis plus de 60 ans, il aimait son fils unique qu’il se plaisait à qualifier de préféré, il adorait ses petits enfants, il en était fier pour ce qu’ils avaient réalisés, par principe et pour toujours, il avait peur pour eux, il leur faisait confiance, il était généreux, il se coupait en mille pour ses proches quitte à y laisser sa peau, il était rigoureux au-delà du raisonnable, il était de ces hommes qui supportent peu de ne pas contrôler les événements, lui qui avait si jeune subi la folie meurtrière des hommes, il était athée, laïc, mais discret, trop, sur ses intimes convictions, il était attaché à l’histoire de sa famille, du peuple juif, il était fier de la longévité de celui-ci, de sa ténacité et des lumières qu’il incarnait pour lui, bien plus que de sa religion et de ses communautés, il parlait et écrivait le yiddish mais pas l’hébreu, il admirait Isarël pour ce qu’il représentait mais était gêné, sans toujours oser le dire, pour ce qu’il commettait au nom de tous les Juifs, il était modeste et ne croyait qu’en les « professionnels »,  il était simple mais se compliquait la vie par crainte du conflit, du qu’en dira-t-on, crainte qui pouvait le rendre maladroit même avec ceux qu’il aimait le plus, il avait le petit doigt sur la couture du pantalon mais pouvait accepter que les autres portassent les jeans, il était sensible mais taisait ses sentiments les plus profonds.

Il était vivant, il était malicieux.

Nous nous aimions malgré nos différences, malgré les distances, lesquelles, manifestement, protégeaient notre attachement indéfectible l’un pour l’autre, nous nous sommes retrouvés, rapprochés, accrochés aussi,  au chevet de sa Rose, son unique, sa précieuse, celle qui lui avait tout donné au temps où il était malade, celle qu’il avait rejointe, plus apaisé, à l’heure de leur pension, bien avant que sa raison à elle, petite maman, ne s’évanouisse dans la nuit, nous nous sommes resserrés au chevet de sa femme qu’il a fini par quitter, à bout de force, la précédant dans l’obscure éternité, comme un brave éclaireur ( שחור הנצח שֶׁל גשש ).

Farewell, little dad, salut, petit Papa, tu es mort le jour de la Saint-Valentin car tu étais un grand romantique, sans conteste; tu es mort pour elle, par devoir, par amour, par amour du devoir.

Je te remercie pour tout ce que tu m’as donné, la force de grandir, la force de marcher, d’avancer, d’affronter, d’apprendre, de donner, de remercier, tu m’as donné les fondations et la liberté de m’émanciper et de m’élever.

Salut petit Papa, Farewell,

Abraham, le pionnier,

Arthur, the King of the Quest …